( * mis à jour le 09 novembre 2019 - horaires Lyon-Languedoc)

Les horaires du service annuel 2020 révèlent l’étendue du désastre. La desserte TGV au départ du Languedoc perd toute cohérence territoriale, détricote tout cadencement et détruit un peu plus l’unité tarifaire. Qu’on en juge.

 Pour les liaisons TGV directes Montpellier-Paris, la desserte est stable à 12 liaisons quotidiennes en semaine, mais éclatées en deux gares d'origine-destination et deux organisations de transport et de tarification (horaires du 19 décembre 2019 relevés sur le site sncf.com le 5 octobre).

 Le nombre de Ouigo est porté à 5, avec leur spécificité : achat/réservation uniquement sur internet, logique de tarification indépendante (aucun échange possible des billets et tarifs spécifiques), conditions d’emprunt contraintes (bagages, délais d’embarquement de 30mn…), conditions de voyage dégradées (absence de restauration, classe unique). Le nombre d’Inoui, le TGV classique, est réduit pour sa part à 7 au départ de Montpellier.

 Non seulement la desserte est éclatée entre ces deux marques, mais chacune de ces deux catégories est éclatée entre les deux gares de Montpellier. Côté Ouigo, 3 sont amorcés à Sud-de-France, la nouvelle gare exurbanisée (8h29, 14h04, 16h33) et 2 sont amorcés à Saint-Roch (10h21, 18h21). Côté Inoui, 4 sont amorcés à Sud-de-France (6h28, 12h33, 14h28, 19h28) et 3 sont amorcés à Saint-Roch (5h17, 13h21, 15h17). Non seulement la dispersion entre les deux marques limite gravement les possibilités de basculement de dernière minute d’un TGV vers le suivant, mais la dispersion entre les deux gares transforme tout changement en véritables course d’obstacles.

Montpellier-Saint-Roch: bientôt plus que 5 TGV quotidiens pour Paris, 3 pour Lyon. Cl. RDS

Pour Lyon, métropole d'une région voisine, une trame éclatée et dissymétrique

 Le sommet est atteint quand on observe la trame horaire au départ de Montpellier pour Lyon. Elle est définie avec une dizaine d'allers-retours quotidiens complétés par quelques relations avec correspondances interminables à Valence-TGV. Au service 2019, le nombre de relations directes s'établissait à neuf, toutes origine-destination Montpellier Saint-Roch, pour une distance de quelque 320km essentiellement sur ligne à grande vitesse. On relève pour le mercredi 18 décembre 2019, au nouveau service, 10 trains à grande vitesse directs de Montpellier à Lyon (Perrache ou Part-Dieu) dont cinq au départ de Saint-Roch et cinq au départ de Sud-de-France. Dans le sens inverse, le même jour, on relève 11 circulations directes parmi lesquelles six sur Sud-de-France et cinq sur Saint-Roch. Ce jour-là, dans le sens Montpellier-Lyon, tous les TGV sont des "Inoui" alors que dans l'autre sens on relève deux "Ouigo" et neuf "Inoui". La répartition entre Sud-de-France et Saint-Roch est quasi-égale alors que la seconde gare, historique, est pourtant desservie par quatre lignes de tramway, au cœur du réseau urbain.

 Pour couronner le tout, les temps de parcours sont très proches avec des gains de temps homéopathiques de ou vers Sud-de-France. Le meilleur temps de Lyon vers Saint-Roch est de 1h50mn (11h06-12h56). De Lyon vers Sud-de-France ils s'étagent entre 1h37mn et... 1h50mn. Gain de temps dérisoire sur Sud-de-France, cadencement impossible en raison de la dispersion des origines-destinations, ni unité territoriale, ni unité tarifaire : la SNCF paraît ouvrir un boulevard à la concurrence (ou aux relations tout-TER pour ceux qui ne sont pas pressés et en auront rapidement assez de jouer à ce petit jeu).

 Pour les relations Toulouse-Montpellier, notons que si tous les Intercités et TER partent de Saint-Roch, le régime est désarticulé pour les TGV (les 3 AR Toulouse-Lyon) : 3 TGV partent de Saint-Roch vers Toulouse mais dans l’autre sens 2 TGV arrivent à Sud-de-France et seulement 1 à Saint-Roch. Comprenne qui pourra.

 La situation de Nîmes, désormais écartelée entre deux gares (Centre et « Pont-du-Gard ») est évidemment à l’image de celle de Montpellier, aggravée par le fait que la gare nouvelle exurbanisée est plus éloignée de la ville-centre (14km). La SNCF objecte qu'elle est reliée par des TER à la gare centrale. Mais ces correspondances TER-TGV à Nîmes-Pont-du-Gard de et vers Nîmes-Centre se révèlent très contre-productives puisqu’elles s’échelonnent entre 15 mn pour l’une d’entre elles et plus de 30mn pour la plupart des autres, voire jusqu’à une heure ! Au point que lorsqu’on demande les horaires Nîmes (toutes gares)-Paris sur le site de réservation de la SNCF, la totalité des relations au départ de l’une et l’autre gare sont indiquées sans jamais que les correspondances TER Nîmes-Centre-Nîmes-Pont-du-Gard ne soient mentionnées. Toute honte bue.

 Conçus dans les bureaux parisiens dont les cadres se soucient peu de leur gare d’arrivée en ces « territoires éloignés » dans lesquels, s’ils y viennent, ils hèleront un taxi à leur descente de train, obéissant à des « logiques » de start-up numérisées déconnectées du terrain, ces horaires TGV SNCF ne pourront susciter que le désarroi.

----

Lire aussi pour d'autres détails l'article très informé du site montpelliérain tramwaydemontpellier.net :

 

7 octobre 2019 - Des Ouigo quotidiens Paris gare de Lyon - Montpellier dès le dimanche 15 décembre 2019

Les horaires des trains à grande vitesse Ouigo entre Paris gare de Lyon et Montpellier, applicables du dimanche 15 décembre 2019 au vendredi 3 juillet 2020, ont été dévoilés le jeudi 3 octobre 2019. Dès la mi-décembre 2019, on comptera trois Ouigo quotidiens Paris gare de Lyon - Montpellier : 1) A partir de Paris...

http://tramwaydemontpellier.net