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Raildusud : l'observateur ferroviaire du grand Sud-Est
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8 avril 2020

Céréales, chimie, conteneurs... : le fret ferroviaire garant de la « continuité industrielle » face au coronavirus

 Près d’un mois après l’imposition du confinement, l’économie française est  pour grande partie à l’arrêt. Si l’impact est massif sur les transports de voyageurs, sur le fret routier hors produits alimentaires, le fret ferroviaire « de continuité industrielle » se pose comme un vecteur essentiel de l’activité maintenue et de la survie collective. Environ 60% du trafic est maintenu en France, 70% en Allemagne où l'on note même un basculement de la route au rail.

La baisse d’activité de Fret SNCF serait de 40% contre 60% pour la route hors alimentaire

 La baisse d’activité de l’activité fret du groupe SNCF se situe autour de 40% alors que le trafic fret routier hors alimentaire a chuté de 60% selon l’agence d’évaluation économique QuantCube citée par Les Echos dans son édition du 7 avril. La situation au 3 avril par secteurs montre une baisse d’activité de 90% dans les secteurs de l’automobile et du transport aérien, de 86% sur les chantiers publics, de 60% dans l’industrie aéronautique, de 40% dans la métallurgie et de 20% dans la chimie. Elle ne connaît aucun ralentissement dans les secteurs de la santé et de l’agroalimentaire.

DSCN1527Rame Fret SNCF multi-tranches en route vers Narbonne, dans la plaine du Languedoc. Le rail se révèle être l'épine dorsale des activités industrielles maintenues. (2019) ©RDS

 Dans le transport ferroviaire, l’activité TGV enregistre en cette période de confinement total une chute de 93% du nombre de voyageurs avec 40 trains à grande vitesse quotidiens contre quelque 700 un jour ordinaire. La ligne mixte fret-TGV du Contournement de Nîmes et Montpellier n’est plus parcourue par aucun train de voyageurs depuis le 19 mars. En revanche, la baisse du fret ferroviaire se limite à 40%. Un taux à rapprocher du maintien de l’activité portuaire qui pourrait néanmoins, selon QuantCube, ralentir courant avril.

Selon Jérôme Leborgne, directeur de Fret SNCF, « 85% à 90% des trains commandés » sont réalisés

 Selon le directeur général exécutif de Fret SNCF Jérôme Leborgne, cité par Les Echos, « nous avons un taux de réalisation de 85% à 90% des trains commandés et si  un train ne peut pas circuler un jour, il circule le lendemain ». Si l’automobile, le BTP ou la sidérurgie ont réduit leurs demandes,  les céréaliers, le secteur du sucre, celui de la chimie (en particulier pour les laboratoires pharmaceutiques) ou de l’alimentation animale sont très demandés, précise-t-il. Les caisses mobiles chargées de produits de grande consommation ont aussi le vent en poupe. L’approvisionnement des usines tournant « en continu » garnit aussi le carnet de circulations. In fine, le coup de frein économique n’entraîne l’annulation que de 40% des trains de fret commandés avant la crise.

 En Allemagne, le trafic fret ferroviaire se maintient à 70% chez DB Cargo, l’opérateur historique, pourtant frappé de plein fouet par l’arrêt des constructeurs automobiles. Pour l’histoire, DB Cargo, révèlent Les Echos, a affrété un train complet de pâtes depuis Naples et un autre de masques depuis la Chine via la Russie. Le Vorstandvorzitsender (président-directeur général) du groupe Deutsche Bahn AG, Richard Lutz, interrogé par le quotidien français, explique qu’une partie du trafic routier, bloqué aux frontières, se déplace vers le rail. « Nous pouvons gagner de nouveaux clients », conclut-il, espérant que « les nouvelles chaînes de livraison qui se mettent en place pourront être maintenues ». En revanche, la fréquentation des trains de voyageurs a chuté de 85% à 90% sur les grandes lignes et de 85% sur les lignes régionales allemandes.

La France mal placée pour réactiver des flux fret capillaires

 Pour la France, il faudra probablement réactiver une belle série d’installations terminales embranchées dont les appareils de voie ont été supprimés par dizaines lors des derniers renouvellements, ou dont les lignes capilaires d'accès ont été abandonnées, pour pouvoir espérer faire de même. Il fallut ces dernières années faire appel à des investisseurs extérieurs pour maintenir ou rétablir des lignes capillaires ou des embranchements particuliers. Pour l’usine Perrier de Vergèze (Gard), après une décennie d’interruption, c’est le conseil régional qui avait dû passer à la caisse pour rétablir un trafic vers Fos (emporté par Régiorail), qui relevait pourtant à l’évidence de la logique ferroviaire.

 Cette crise sanitaire du coronavirus révèle, dans ce domaine aussi, la marque du régime en place : le défaut d’anticipation. « Gouverner, c’est prévoir », assurait pourtant le journaliste Emile de Girardin… en 1867.

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Raildusud : l'observateur ferroviaire du grand Sud-Est
  • Le chemin de fer est indispensable à toutes nos villes et ne doit pas être l'apanage de la seule région-capitale. Les lignes transversales, régionales et interrégionales doivent contribuer à une France multipolaire, équitable au plan social et territorial.
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