Le chantier de reconstruction de la gare de Lyon-Part-Dieu avance, partie d'une vaste restructuration
A Lyon, le chantier de reconfiguration de la gare de la Part-Dieu, mise en service en 1983, et de son quartier avance à grands pas. Le bâtiment voyageurs originel et les hôtels situés côté sud de la place Béraudier ont été presque entièrement démolis. Ne demeure plus debout, des structures datant du tout début des années 1980, qu’un élément de quart nord de la façade du bâtiment voyageurs, par lequel s’effectuent les entrées et sorties maintenues, lui-même destiné à disparaître à son tour, et les bâtiments des commerces et logements côté nord.
Du vaste treillis de béton orangé conçu par les architectes Eugène Gachon et Jean-Louis Girodet, qui entourait sur trois côtés la place Béraudier, ne demeurent donc que des lambeaux, laissant clairement apparaître l’activité ferroviaire en surplomb. La gare de la Part-Dieu est par ailleurs marquée, de l'autre côté, par l'important chantier de construction d'une douzième voie à quai, la voie L.
Ci-dessus, place Henri-Béraudier. Il ne reste rien de la façade initiale de la gare de la Part-Dieu (hormis une structure hors champ à gauche qui sert d'entrée provisoire), ni des hôtels côté sud. La place est excavée et le parking souterrain détruit pour préparer un vaste espace à deux niveaux. A droite sur la photo va être bâtie la tour To-Lyon et son immeuble de base partiellement intégré au futur bâtiment voyageurs (février 2020). ©RDS
Entrée provisoire du hall voyageurs de la gare de Lyon-Part-Dieu, aménagée dans le dernier élément subsistant de la façade originelle conçue par les architectes Gachon et Girodet. Seule l'entrée côté est, place de Francfort, témoignera de la structure d'origine en béton orangé. ©RDS
Par ailleurs, la place Béraudier elle-même subit de gros travaux d’excavation destinés à ménager un futur espace à deux niveaux, un sous-sol largement ajouré, équipé de commerces, et un niveau naturel dégagé face au futur bâtiment voyageurs. Ce dernier, qui cèdera à la mode de la « transparence », de la « fluidité » et surtout d’une légèreté permettant des modifications ultérieures, contrastera avec la version années 1980. L’accès à la station Part-Dieu de la ligne B du métro pourra enfin s’effectuer sans avoir à sortir à découvert. Notons que les services aux voyageurs seront logés en étage dans le futur bâtiment voyageurs, un parti controversé.
Tandis que la gare démolie se fondait dans l’ensemble d’immeubles voisins mais esthétiquement identiques, la gare nouvelle offrira un net contraste avec son environnement, particulièrement avec la tour « To-Lyon » de 170mètres de hauteur, 43 étages et 66.000m2 de bureaux, flanquée d’un immeuble parallélépipédique de 8 étages comprenant un hôtel de 168 chambres et 3.500m2 de commerces, comme intégré au bâtiment voyageurs. La « première pierre » de cet ensemble de couleurs bleue et noire largement vitré, conçu par Dominique Perrault, a été « posée » en septembre.
Vue d'artiste de l'ensemble tour To-Lyon et futur bâtiment voyageurs, en avancée sur la place Béraudier, elle-même portée à deux niveaux. (SPL Lyon part-Dieu)
Notons que le boulevard Vivier-Merle, qui longe la gare côté ouest verra sa voie routière souterraine allongée côté sud, allongeant l’espace libéré du flux automobile au profit des piétons, vélos et des transports publics de surface. Pour dégager un peu plus l’espace, deux voies de garage tramway dérivées de la ligne T1 avant la courbe plongeant sous le centre commercial ont été supprimées.
Une voie de garage et retournement pour les rames de la ligne T1 (ou d'autres services à créer à l'avenir...) a été aménagée à la station située de l’autre côté dudit centre, Part-Dieu-Servient, voisine d’une nouvelle entrée magistrale de l’ensemble commercial, au pied de la tour « historique » dite du Crédit Lyonnais, ou « crayon » pour les Lyonnais. L'opération a été favorisée par le fait qu'elle est dotée depuis l'origine d'un quai central, imposant un important entraxe des voies de part et d'autre.
Nouvelle voie de retournement à la station de la ligne T1 Part-Dieu-Servient, côté ouest (g.), à deux pas de la future seconde entrée magistrale du centre commercial de la Part-Dieu, en construction (d., février 2020). ©RDS
Le futur bâtiment voyageurs ménagera une belle avancée sur la place Béraudier, permettant d’étendre le hall voyageurs. Ce hall était jusqu’à présent singulièrement étriqué par rapport au trafic. Il renvoyait une large partie de la clientèle – et la quasi-totalité des guichets et commerces - dans la zone sous voies. Cet espace étouffant est d’autant plus anxiogène que des escaliers à doubles révolutions ont été installés pour faciliter les accès aux quais, initialement permis par les seuls longs dénivelés latéraux originels. Ces escaliers ont accentué l’impression d’étouffement.
Pour permettre la pose d’une douzième voie, les murs de soutènement côté est ont été coulés. Notons qu’à sa mise en service en octobre 1983, la gare de Lyon-Part-Dieu ne comptait que huit voies à quai. Deux furent ajoutées en 2001 et une onzième en 2011.
Ci-dessus et ci-dessous : travaux de construction du mur de soutènement, de constitution de l'infrastructure de la douzième voie à quai et de l'élargissement du sixième quai voyageurs, côté est (février 2020). ©RDS
La conception initiale du faisceau voyageurs a intercalé des quais de service entre toutes les paires de voies. Seule la voie A côté place Béraudier en est dépourvue, ainsi que le sera la future voie L côté est. Ces cinq quais de service, destinés initialement à l’avitaillement des rames TGV et au transport des bagages, sont actuellement pratiquement sans usage. Il dévorent un espace important, soit à peu près l’équivalent de deux voies et deux quais potentiels... ou de quais voyageurs en même nombre mais plus larges, alors que leur étroitesse actuelle rend souvent difficiles les opérations de montées-descentes de voyageurs dans la première gare de correspondance de France.
On distingue à droite un quai intermédiaire, entre les voies D et E sur laquelle stationne une rame Corail réversible pour Grenoble. Au nombre de cinq, ces quais de service consomment un espace important alors que leur utilité paraît aujourd'hui extrêmement réduite. En revanche, les quais voyageurs sont étroits, au vu des flux importants et de leur encombrement par divers équipements et par les issues.© RDS
La douzième voie ne nécessitera pas la construction d’un quai supplémentaire puisqu’elle longera le quai de la voie K côté est. Notons que le plan de voie et la signalisation ont été adaptés pour permettre l’entrée des trains dans les deux sens (la « banalisation ») des trois voies à quai coté est, facilitant la gestion des circulations.
D'autres détails dans notre précédent article consacré partiellement à ce sujet, paru en novembre 2019 :
Démolition et agrandissement du bâtiment voyageurs de la gare de la Part-Dieu, ajout d'une 12 e voie à quai ; extension de la ligne B du métro sur 2,4 km au sud : Lyon voit avancer ces deux grands ouvrages ferroviaires en cours de construction.
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