Part-Dieu-Saint-Exupéry : Lyon Métropole veut rompre le contrat Rhônexpress avec Vinci pour baisser le prix du ticket
L’aller coûte en tarif de base 16,30 euros, l’aller-retour 28,30 euros (15,20 et 26,70 sur Internet) pour une distance parcourue de 23km entre la gare de la Part-Dieu à Lyon et l’aéroport-gare TGV de Lyon-Saint-Exupéry : le tramway Rhônexpress est cher, plus cher que la liaison Roissy-Rail parisienne par le RER B, tarifée 10,30 euros l’aller simple pour 29km depuis gare du Nord. De ce fait David Kimelfled, président du conseil de Lyon Métropole, a annoncé le 5 décembre qu’il demandait la résiliation du contrat avec Vinci, principal mandataire de la concession avec exploitation de la ligne par Transdev.
Le président de la métropole lyonnaise, laquelle a repris les compétences du département du Rhône lui-même à l’origine du projet Rhônexpress, « demande la convocation d’un conseil syndical extraordinaire en janvier afin de soumettre au vote la résiliation du contrat». David Kimelfeld et ses conseils s’appuient sur les conclusions de la Chambre régionale des comptes d’Auvergne-Rhône-Alpes. Une résiliation et une reprise sous l’égide du Sytral, le syndicat des transports de l’agglomération lyonnaise qui est l’autorité organisatrice pour Lyon Métropole et désormais pour le département du Nouveau-Rhône (ex-département du Rhône hors métropole) à l’exception des TER, permettrait, selon la Chambre, de proposer dès 2020 « une baisse des tarifs sensiblement supérieure à celle proposée par le délégataire actuel ».
Ce transfert impliquerait néanmoins le versement d’importantes indemnités à Vinci, évaluées à plusieurs dizaines de millions d’euros, pour rupture du contrat. La reprise des actifs s'imposerait, en particulier des six rames Stadler Tango de 27 mètres de longueur aptes à rouler à 100km/h. Cette vitesse est admise sur la section de 7km entre Meyzieu-Zone industrielle et Aéroport Saint-Exupéry, qui n’est parcourue que par Rhônexpress alors que les 16 autres kilomètres sont partagés avec la ligne de tramway T3 des TCL. Notons que Rhônexpress a vivement défendu son monopole contractuel sur la relation, face à la demande de rétablissement de lignes de bus rejoignant Saint-Exupéry par les communes avoisinantes.
Rame Stadler Tango à Lyon-Part-Dieu. Une rupture du contrat avec le consortium mené par Vinci imposerait un rachat du parc de six éléments. (DR)
Les rames Stadler, âgées de seulement neuf ans (la mise en service de la relation Rhônexpress date du 9 août 2010) sont entretenues et remisées dans un atelier distinct du Centre de maintenance des tramways des Panettes des TCL, de l’autre côté des voies principales à Meyzieu. Affichant une largeur de caisses de 2,55m, elles sont néanmoins compatibles avec le gabarit des tramways TCL de 2,40m grâce à un galbe des faces latérales ménageant en bas de caisses l’espace des nez de quais en stations.
Divorce à l’amiable ou recours à la justice ? Quel que soit le mode de séparation, la facture devrait peser dans les projets de développement des transports publics à Lyon et dans sa région.