Canalblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Raildusud : l'observateur ferroviaire du grand Sud-Est
Publicité
12 novembre 2019

France-Espagne : les trains à grande vitesse bouderont le CNM et ses gares nouvelles

 Si l’on en croit les horaires internet de la SNCF (comme ceux de l'excellent site des CFF suisses), les quatre relations exploitées par la Renfe espagnole et la SNCF dans le cadre de l’accord de répartition des liaisons à grande vitesse France-Espagne bouderont à l'horaire 2020 le CNM  (Contournement de Nîmes et Montpellier mixte fret-voyageurs) et ses gares de Montpellier-Sud-de-France et Nîmes-Pont-du-Gard. SNCF et Renfe exploitent ce trafic transfrontalier voyageurs à grande vitesse sous la dénomination "Renfe-SNCF en Coopération" propriété d'Elipsos Internacional SA.

 Dès mi-décembre comme cette année, côté Renfe, la liaison quotidienne en AVE 9731 (train à grande vitesse espagnol) Marseille-Saint-Charles-Nîmes-Montpellier-Barcelone-Madrid, départ Marseille 8h02, passage à Nîmes-Centre à 9h03, atteint Montpellier-Saint-Roch à 9h34 avant de poursuivre vers l’Espagne (arrivée à Madrid-Atocha à 15h41). Le retour, par AVE 9724 (départ de Madrid à 13h25) offre un passage à Montpellier-Saint-Roch à 19h50 et à Nîmes-Centre à 20h22 pour une arrivée à Marseille-Saint-Charles à 21h33. Pourtant, ces AVE empruntent la ligne à grande vitesse Méditerranée entre Manduel et Marseille, desservant les gares d’Avignon TGV et Aix-en-Provence TGV. Ce qui implique qu’ils auraient pu desservir Nîmes-Pont-du-Gard, la controversée gare nouvelle située à 14km de Nîmes-Centre. Un passage par la ligne classique via Arles les en eût empêchés. Mais à l’évidence Elipsos et la Renfe ont préféré desservir les gares centrales de Montpellier et Nîmes, dédaignant le gain de temps homéopathique lié à l’emprunt du CNM sur quelque 60km, qui induit des pertes de correspondances régionales et urbaines substantielles.

Un AVE Madrid-Marseille longe les travaux du futur CNM (2016). Cl RDS

 Sur la liaison Lyon-Languedoc-Espagne, l’aller-retour quotidien dessert lui aussi Montpellier-Saint-Roch et Nîmes-Centre. L’AVE 9736 amorcé à Barcelone à 8h20 quitte Montpellier-Saint-Roch à 11h30, Nîmes-Centre à 12h01 pour toucher Lyon à 13h20. En sens inverse, l’AVE 9743 quitte Lyon à 14h28, touche Nîmes-Centre à 15h49 et Montpellier-Saint-Roch à 16h23 avant de poursuivre sur Barcelone, atteint à 19h33.

 L’exploitant espagnol dessert aussi systématiquement par ces deux AR « province »-Espagne les gares de Béziers, Narbonne et Perpignan en territoire français. Notons qu’un projet de nouvelles liaisons purement Renfe Languedoc-Lyon est dans les cartons, en concurrence – et non plus en collaboration comme aujourd’hui – avec la SNCF.

 A ce jour la SNCF, dans sa grande tradition jacobine, a préféré s'occuper des liaisons Paris-Espagne, laissant à la Renfe le (supposé) menu fretin des trafics « province »-Espagne, soit Lyon-Barcelone et Marseille-Madrid ainsi qu’une liaison, devenue épisodique, Toulouse-Barcelone.

 Il convient aussi de relever que, côté SNCF, les deux relations quotidiennes Paris-Barcelone 9702 et 9704 dans le sens sud-nord et 9713 et 9715 dans le sens nord-sud bouderont elles aussi le CNM, desservant Nîmes-Centre et Montpellier-Saint-Roch, malgré leur très long parcours de 1.074km.

Les liaisons France-Espagne étaient réputées devoir emprunter le CNM

 Il faut croire que les décideurs de la SNCF ont longtemps hésité. Il fut en effet murumuré avec insistance que le CNM et ses gares nouvelles seraient particulièrement indiqués pour ce type de circulations transcontinentales.

 Notons par ailleurs que l’entreprise espagnole Ilsa, filiale du transporteur aérien Air Nostrum, a échoué pour l’instant à mettre en place deux AR quotidiens Montpellier-Barcelone-Madrid par défaillance du loueur de matériel roulant. Ilsa prévoyait des départs de Montpellier à 7h00 et 15h30 et des départs de Madrid à 7h45 et 15h30 touchant respectivement Montpellier à 14h15 et 21h45. Ces deux paires de trains eussent permis d’élargir l’amplitude horaire des relations Languedoc-Espagne, actuellement drastiquement limitée puisqu’aucun départ de Montpellier-Saint-Roch vers l'Espagne via la ligne nouvelle internationale n’est possible avant 9h35 et aucun retour pour une arrivée après 19h50. Les Languedociens ne peuvent donc pas disposer suffisamment de temps à Barcelone pour un aller-retour dans la journée, un comble. Ilsa aurait desservi Montpellier-Saint-Roch pour bénéficier du gril de garage-entretien des Prés-d'Arènes à Montpellier, inaccessible depuis Sud-de-France sauf manoeuvre de rebroussement à... Sète.

  Une fois de plus, la trame horaire actuelle a été conçue sans tenir aucun compte des besoins de relations entre régions voisines (ex-Languedoc-Roussillon et Catalogne), privilégiant les relations à plus longue distance (Lyon, Marseille et évidemment Paris) ce qui induit des amplitudes de service en Languedoc évidemment plus restreintes en raison des parcours à effectuer en amont ou en aval sur le territoire français.

Publicité
Commentaires
R
On notera que ces liaisons tgv traversant montpellier st roch implique un destructuration des horaires ter sur l’axe avignon/marseille narbonne : quand les sillons tgv ne sont pas activés, le ter est traversant, alors qu’il est coupé en 2 avec des horaires decallés avant/après le tgv qd celui-ci circule. <br /> <br /> <br /> <br /> Ainsi la circulation des tgv sur cnm avec desserte des gares tgv permettrait un gain de temps aux passagers tgv en transit mais aussi aux passagers ter allant de part et d’autres de montpellier
Répondre
Raildusud : l'observateur ferroviaire du grand Sud-Est
  • Le chemin de fer est indispensable à toutes nos villes et ne doit pas être l'apanage de la seule région-capitale. Les lignes transversales, régionales et interrégionales doivent contribuer à une France multipolaire, équitable au plan social et territorial.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité
Newsletter
Publicité
Publicité