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Raildusud : l'observateur ferroviaire du grand Sud-Est
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8 juin 2026

Etoiles métropolitaines de Grenoble et de Lyon : les modernisations avancent progressivement

Avec un calendrier de travaux étoffé cette année, les étoiles de Grenoble et de Lyon voient progressivement se profiler, en particulier, une adaptation de leurs infrastructures ferroviaires aux futurs -quoique nébuleux- Services express régionaux métropolitains (SERM). Il n’en demeure pas moins que de grands progrès restent à faire pour permettre un cadencement et une robustesse suffisants.

Autour de Grenoble, huit engagements de travaux

Autour de Grenoble, on ne compte pas moins de huit engagements de travaux notables en cette années 2026.

Rives.- Non mentionné sur la carte récapitulative grand public 2026 de SNCF Réseau pour Auvergne-Rhône-Alpes, la reconstruction complète et mises aux meilleures normes des quais de la gare de Rives, sur la ligne de Lyon à Grenoble, est bien avancée en cette fin de printemps. Rives devrait être la tête d’une des trois lignes du futur SERM du « Y grenoblois », celle reliant cette cité de 6.550 habitants à Brignoud par la gare centrale de Grenoble.

Rives est la seule gare disposant de trois voies à quai dont une d’évitement (outre son embranchement industriel pour les aciers et laminoirs de Rives) sur les 64,30 km séparant le triage de la Buisserate à Grenoble et Saint-André-le Gaz. On conçoit la fragilité de l’exploitation en cas de désheurage pour cause d’avarie de matériel roulant.

Travaux de quais en cours en gare de Rives, future tête d'une des trois lignes du SERM grenoblois. (Cl. RDS)

La principale agglomération intermédiaire de cette section est Voiron qui compte 21.850 habitants mais 96.700 habitants dans l’intercommunalité. Sa gare, très fréquentée, ne compte que deux voies à quai malgré une emprise relativement généreuse en raison de l’espace côté voie impaire, il est vrai décalé, jadis dévolu au terminus de la ligne départementale métrique Voiron-Saint-Béron. Il résulte de cette exiguïté l’impossibilité d’opérer des dépassements malgré un flux de TGV sans arrêt superposé au cadencement des TER Lyon-Grenoble et Grenoble-Saint-André-le-Gaz.

La gare de Moirans, côté Grenoble, compte certes quatre voies à quai mais toutes sont voies principales des lignes Valence-Moirans (Grenoble) et Lyon-Grenoble qui y font jonction.

Grenoble centre.- Toujours dans la perspective d’une amélioration des voies dans la perspective d’une intensification des circulations, la signalisation du poste de Grenoble est en cours de modernisation pour un budget de 2 M€ avec étalement des travaux sur trois ans, 2025, 2026 et 2027.

Au sud de la gare centrale, d’importants travaux destinés à traiter la bifurcation de la ligne de Veynes. La configuration impose aujourd’hui une voie unique pour les circulations destinées à la ligne de Veynes sur les 3 km de double voie séparant la gare centrale de la bifurcation.

Cette rame Corail réversible reliant Valence Ville à Annecy transite le long du marché de gros de Grenoble, à quelques encâblures de la jonction avec la ligne de Veynes. La voie de droite est parcourue dans les deux sens par les circulations à destination de la ligne de Veynes, faute d'aiguillages permettant un cisaillement de la voie opposée provenant de Montmélian et Chambéry. Les concepteurs du nouveau contournement de Grenoble, mis en service en 1967, jouaient l'économie. (Cl. RDS)

Etalé depuis début février 2026 jusqu’à octobre 2028, ce chantier permettra un cisaillement de la voie opposée pour les trains (TER et fret) à destination de la ligne de Veynes, mettant fin à la superposition voie unique-double voie source de fortes contraintes. Il imposera un interruption totale des circulations de ce tronc commun du 12 au 15 de ce mois de juin. Cofinancé avec participation de la Métropole de Grenoble, le devis s’élève à 4,4 M€.

Brignoud.- Sur la ligne Grenoble-Chambéry, un renouvellement de voies est programmé en novembre prochain entre Gières et Domène, soit 4 km de double voie environ. Un peu plus au nord, sur le même axe, la création d’une voie de rebroussement à Brignoud pour la future ligne du SERM Rives-Brignoud verra ses travaux achevés en décembre prochain, après avoir été lancés en août 2024. Le devis, cofinancé, s’élève à 13,7 M€. L’opération entraîne une interruption de circulation est prévue du 12 au 17 de ce mois de juin, concomitamment avec celle prévue pour la modification de la jonction de la ligne de Veynes, quoique plus longue de deux jours, annonce SNCF Réseau.

Sud de Clelles.- Plus loin encore, mais sur deux autres axes, sont engagés des travaux de modernisation. Sur la ligne Grenoble-Veynes, un renouvellement de la voie unique est engagé au sud de Clelles (futur terminus de la troisième ligne du SERM qui sera amorcée à la gare centrale de Grenoble) et jusqu’à Lus-la-Croix-Haute, la section sommitale en territoire d’Auvergne-Rhône-Alpes d’environ 24 km, dont une bonne part reste en état d’obsolescence avancée après la modernisation réalisée voici trois ans au nord de Clelles. Le devis annoncé s’élève à 2,8 M€, cofinancé par les collectivités territoriales au même titre que la précédente vague de modernisation, avec coupures totales de circulations du 18 mai dernier au 19 juin.

Etat des voies et des quais en gare de Lus-la-Croix-Haute, sur la ligne Grenoble-Veynes. Au-delà, à quelques kilomètres, la ligne passe en région PACA. (Cl. RDS)

Grenoble-Valence. - On notera enfin l’important chantier de déploiement de la fibre optique entre les gares de Moirans et Saint-Hilaire-Saint-Nazaire, soit un peu plus de 43 km, le long de la ligne électrifiée en 2014 Valence-Moirans (Grenoble). Cette section compliquée cumule une double voie rétablie en 2014 de Moirans à Saint-Marcellin (31,65 km), une voie maintenue unique de Saint-Marcellin à La Sône (4,5 km), puis une double voie de La Sône à Saint-Hilaire-Saint-Nazaire (6,8 km). L’économie du doublement du pont-rail sur l’A49, ouverte en 1991, aura été partiellement avalée par la pose d’appareils de voies et d’une signalisation de jonction de part et d’autre de la courte section à voie unique maintenue.

Autour de Lyon, nombreux travaux de voies

Autour de Lyon, dont l’étoile est plus complexe que celle de Grenoble, les travaux cumulent des sommes notables cette année.

Côté électricité, on note la création d’une sous-station à Saint-Etienne Bellevue, dont les travaux ont été menés en mars pour 1,3 M€. Elle renforcera l’alimentation de la section Saint-Etienne Châteaucreux-Firminy (15 km) et son flux TER Lyon Perrache-Firminy, doté de cinq arrêts intermédiaires et d’un profil difficile. La gare de Bellevue est entourée de part et d’autre de deux sections de déclivités opposées, aux taux atteignant 14 et 15 ‰.

Travaux en cours pour la construction, l'équipement et l'aménagement des accès du futur technicentre TER de Saint-Etienne. Un soulagement pour ses équivalents lyonnais. (Cl. RDS)

Par ailleurs, le faisceau du nouveau technicentre TER de Châteaucreux devra alimenter ses nombreux mouvements et ses activités. Durant toute cette année, une importante adaptation du plan de voies de service de ce faisceau et de son électrification est en cours pour 6,8 M€.

Pour 1,7 M€ la sous-station de Lyon sera pour sa part modernisée à l’automne, de mi-septembre à début décembre.

C’est du côté du renouvellement de voies que les interventions sont les plus nombreuses et coûteuses cette année autour de Lyon. On recense ainsi parmi les annonces de renouvellement par SNCF Réseau (les dates peuvent varier) des opérations...

- Dans le tunnel de Saint-Irénée, à la sortie nord de la gare de Perrache, qui supporte un flux fret important, du 5 octobre au 11 décembre, pour 2,8 M€ ;

- En gare de Perrache, du 27 avril au 31 juillet, avec deux interruptions de trafic en juin, pour 2,6 M€ ;

- Sur l’itinéraire Lyon Saint-Paul-Sain-Bel du réseau du Tram-Train de l’Ouest Lyonnais, des travaux se déroulent de début juin à fin octobre, avec une coupure estivale du 6 juillet au 21 août, pour 16,5 M€ cofinancés avec participation de la région Auvergne-Rhône-Alpes à hauteur de 27,56 %. Outre le renouvellement voies-ballast principalement entre Tassin et Charbonnières on note le changement de huit aiguillages.

Rame du Tram-Train de l'Ouest Lyonnais, dans sa livrée originelle, en gare de  L'Arbresle sur la relation Lyon-Saint-Paul-Sain-Bel. (Cl. RDS)

- Entre Collonges-Fontaines et Saint-Germain au Mont-d’Or (9 km à quatre voies) de mi-avril à fin juillet, pour 15,7 M€ ;

- Entre Chasse et Givors, où la voie de bretelle du sens Saint-Etienne-Lyon est particulièrement dégradée, travaux du 20 juillet au 18 septembre, pour 2 M€ ;

- Dans le tunnel de Couzon entre Lyon et Saint-Etienne, du 16 mars au 27 juin avec deux interruptions de circulation du 1 au 3 mai et du 23 au 25 mai, pour 3 M€ ;

- Sur la LGV de contournement est de Lyon entre la jonction de Montanay et la gare de Lyon Saint-Exupéry (29,20 km), de janvier à début mai, pour la bagatelle de 25,3 M€. On est là hors des usages régionaux.

L’extension de la commande centralisée du réseau sur la ligne impériale au sud de Lyon, entre Chasse-sur-Rhône et Saint-Vallier (52 km), coûtera 32,4 M€. Elle exige douze mois de travaux lancés mi-décembre 2025, avec deux opérations coup-de-poing et interruptions de circulations les fins de semaine du 22 au 25 mai et du 13 au 15 novembre.

Grands enjeux à venir

Cet ensemble de travaux laisse en suspens les grands enjeux ferroviaires de ces deux métropoles. A Grenoble, on note le projet de quadruplement d’au moins une section de la ligne Grenoble-Moirans. On pourrait imaginer aussi l’électrification de Grenoble-Clelles, dans un souci d’économies d’énergie fossile et de puissance du matériel roulant et le creusement d’un terrier à la jonction de la ligne de Veynes.

A Lyon, on rappelle le quadruplement de la section Saint-Priest-Grenay pour séparer les flux TGV et TER, ainsi que le contournement ferroviaire de l’Est lyonnais entre la plaine de l’Ain et la ligne de Lyon à Grenoble/Chambéry voire au-delà jusqu’à la vallée du Rhône.

Petits projets au regard des nouvelles lignes à grande vitesse envisagées, mais gros impacts régionaux.

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B
Enfin des travaux d' entretien au sud de Clelles, même si les besoins de cette section sont (au minimum) 10 fois supérieurs.
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E
La question à Rives, c'est l'organisation du rebroussement. Actuellement, la troisième voie est en latéral. Un train qui fait demi-tour va nécessairement avoir des cisaillements. Est-ce qu'il est prévu à terme de modifier ça?<br /> Bonne nouvelle pour la jonction vers Veynes. En étant fou, on aurait même imaginer d'avoir deux voies jusqu'au au pont sur la Rocade pour pouvoir stocker des trains devant se croiser sur la branche.<br /> Quant à l'électrification jusqu'à Clelles, avec tous les tunnels, en particulier celui du Grand Brion, je n'y crois pas un instant. Déjà, l'électrification jusqu'à Jarrie pour le fret et le futur (plutôt enterré actuellement) train-tram pour Vizille (voir celui pour Vif) serait pas mal.
Répondre
B
Oui, une électrification jusqu' à Vif serait déjà une bonne chose . Pourquoi pas aussi jusqu' à Monestier...............mais nous ne sommes pas en Suisse, surtout avec le relief - et ce qui en découle en tunnels et viaducs - après Vif.
Raildusud : l'observateur ferroviaire du grand Sud-Est
  • Le chemin de fer est indispensable à toutes nos villes et ne doit pas être l'apanage de la seule région-capitale. Les lignes transversales, régionales et interrégionales doivent contribuer à une France multipolaire, équitable au plan social et territorial.
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