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Raildusud : l'observateur ferroviaire du grand Sud-Est
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23 novembre 2025

Millau, Saint-Flour : deux gares jadis actives, une ligne Béziers-Neussargues sous-exploitée

(En vignette de couverture, la façade de l'important bâtiment de la gare de Saint-Flour, sous-préfecture du Cantal, qui ne voit passer qu'un seul aller-retour voyageurs quotidien)

 Aujourd’hui privée de sept de ses huit lignes affluentes intermédiaires, fermées les unes après les autres depuis l’installation de la SNCF en 1938, la ligne Béziers-Neussargues a perdu l’une de ses deux principales fonctions : outre celle d’un axe radial Paris-Clermont-Ferrand-Languedoc, celle d’axe principal de maillage régional de la moitié sud du Massif Central. Ce désinvestissement s’est accompagné de l’abandon quasi-total du fret ferroviaire, à la seule exception du trafic de coils au nord.

 Il en résulte un paysage désolant dans la plupart de ses gares, aux vastes emprises largement abandonnées malgré leur potentiel : Bédarieux, Millau, Séverac-le-Château, Le Monastier, Marvejols, Saint-Chély-d'Apcher, Saint-Flour. Nous publions dans cet article, à titre de référence, les tableaux horaires du service 1937 des gares de Millau et de Saint-Flour. Ils témoignent de leur importante activité voyageurs, nourries par des circulations nord-sud elles-mêmes achalandées par les voyageurs en correspondance ou les trains transversaux.

De huit lignes affluentes intermédiaires, il n’en reste qu’une

Tout d’abord, précisons quelles furent les lignes affluentes intermédiaires de l’axe Béziers-Neussargues, hors les lignes de jonction à ses extrémités : à Béziers (Bordeaux-Sète) et Neussargues (Figeac-Aurillac-Arvant). Il ne reste de ces lignes huit affluentes qu’une d’entre elles en service aujourd’hui, et encore est-ce en service plus que minimal : la ligne qui relie La Bastide-Saint-Laurent-Les-Bains, sur la ligne Nîmes-Clermont-Ferrand, à Mende et Le Monastier, sur la ligne Béziers-Neussargues, mise en service en deux temps : 1884 de Mende au Monastier, 1902 de Mende à La Bastide.

A l'écart de la vaste marquise de la gare de Bédarieux, ce Régiolis surpris à l'essai en 2013. L'importance de l'emprise ferroviaire témoigne de ce qui fut un noeud de correspondance considérable, entre l'axe Béziers-Neussargues et la transversale Montpellier-Toulouse par Mazamet, auxquels ils convient d'ajouter l'antenne de Plaisance Andabre amorcé à quelques kilomètres au nord. (Cl. RDS)

 Ont en revanche disparu les lignes suivantes (la dernière gare citée est celle située sur la ligne Béziers-Neussargues, suivent les dates de mise en service et de fermeture aux voyageurs) :

- Montpellier-Paulhan-Faugères (1877-1970)

- Castres-Bédarieux (1889-1972, maintenue en service de Castres à Mazamet côté Toulouse)

- Plaisance-Andabre - Latour-sur-Orb (1858/1924-1954)

- Saint-Affrique - Tournemire-Roquefort (1874-1938. Devait être amorcée à Albi, jamais achevée)

- Nîmes-Le Vigan-Tournemire-Roquefort (1896-1939)

- Rodez - Séverac-le-Château (1880-1980, réouverte aux voyageurs de 1989 à 2017)

- Beaumont-Loriat - Saint-Flour (1910-1940)

 Du sud au nord, six gares de jonction ont donc perdu leur fonction de correspondances ou de transit. Celle de Tournemire-Roquefort, dont les vastes emprises sont désormais désertiques, a perdu ses trains de jonction des deux lignes vers Le Vigan à l’est, Saint-Affrique à l’ouest, de même que son trafic fret lié aux célèbres caves de Roquefort. L’offre fret est étonnamment interdite depuis quelques décennies sur la ligne Béziers-Neussargues au sud de Marvejols alors que voici une trentaine d’années des citernes d’hydrocarbures étaient encore convoyées par rail jusqu’à Mende depuis la ligne Béziers-Neussargues.

Transit : minimal de et vers Mende, Toulouse-Montpellier disparu

 Il résulte de ce démaillage massif que l’une des fonctions de Béziers-Neussargues, celle rassemblant et diffusant des trafics à l’est et à l’ouest, a été presque entièrement stérilisée. En transit de trains de voyageurs ne demeure plus que le TER quotidien de et vers Mende entre Marvejols et Le Monastier.

 En transit voyageurs ont disparu de sections de la ligne Béziers-Neussargues les trains : Toulouse-Montpellier entre Bédarieux et Faugères ; Bédarieux-Plaisance-Andbre entre Bédarieux et Latour-sur-Orb ; Millau-Rodez entre Millau et Séverac-le-Château.

Halle marchandises de la gare de Tournemire Roquefort sans activité ferroviaire à ce jour. Ce fut un centre actif pour le chargement de produits laitiers et de bétail, à la jonction des lignes Béziers-Neussargues, Tournamire-Le Vigan et Tournemire Saint-Affrique. Tout le fret est désormais routier malgré l'important trafic des sites de production de Roquefort, à 2,5 km de cette gare. (Cl. RDS)  

 En correspondances voyageurs ont disparu les trains : à Tournemire-Roquefort vers Le Vigan, Saint-Affrique ; à Saint-Flour vers Beaumont-Loriat et au-delà vers Brioude, Clermont-Ferrand, Paris.

 Aux extrémités, la gare de Béziers donne correspondance avec les trains de l’axe languedocien (vers Marseille, Lyon, Paris ; Narbonne, Perpignan, Toulouse, Bordeaux). Celle de Neussargues donne correspondance vers Aurillac et Clermont-Ferrand. Notons que l’Intercités Bézers-Clermont-Ferrand, seule circulation voyageurs de Saint-Chély-d’Apcher à Neussargues, impose aux voyageurs un changement de matériel roulant faute de rames bimodes aptes à circuler en thermique du nord, en électrique au sud, Béziers-Neussargues étant électrifiée en 1.500 Vcc.

Six allers-retours à Bédarieux, un seul à Saint-Flour

Si, au sud, la gare de Bédarieux reste desservie en semaine par six allers-retours quotidiens en provenance ou à destination de Béziers (cinq les samedis, quatre les dimanche en période scolaire, deux les dimanches hors périodes scolaires), celles de Millau et Saint-Flour sont encore moins bien loties.

Millau n’est touchée que par trois allers-retours de et vers Béziers en semaine et les samedis, deux les dimanches et fête. Plus au nord, Saint-Chély-d’Apcher est touché par deux allers-retours de et vers Béziers en semaine et les samedis, un seul les dimanches et fêtes (l’Intercités). Plus au nord, Saint-Flour est touché par un allers-retour Intercités de et vers Béziers au sud, Neussargues au nord.

La gare de Millau, dont les emprises fret sont désertes de tout trafic ferroviaire, connut pourtant un tout autre sort. En témoigne, le tableau des arrivées et départs tel qu’en service en 1937, dernière années d’exploitation de la ligne par la très entreprenante compagnie du Midi.

En 1937, une gare de Millau très active

Avec quatorze départs quotidiens de trains de voyageurs, la gare de Millau était, au crépuscule de la compagnie du Midi (fusionnée avec le PO en 1934), bien plus active que de nos jours. En 2023, elle n’expédie plus que cinq trains les « jours ouvrables de base », trois vers le sud (Béziers), deux vers le nord (Saint-Chély-d’Apcher et Neussargues). En 1937 on comptait sept départs vers le sud (cinq Béziers et deux Tournemire-Roquefort) et autant vers le nord (un Rodez, quatre Saint-Flour et deux Sévérac-le-Château). Millau était l’origine-destination de deux circulations voyageurs de début (départ vers Béziers et Saint-Flour) et fin de journée (arrivée de Béziers et Saint-Flour) afin d’équilibrer le tableau horaire.

Millau, capitale de la ganterie (avec Grenoble), de la peausserie et de nombreuses autres activités industrielles et agricoles était équipée d'installation ferroviaire fret considérable, comme en témoigne ce cliché. Désormais, le fret est interdit sur cette section de ligne. (Cl. RDS)

 Il fallait bien sûr ajouter à ce trafic celui des trains de marchandises : les circulations de bout en bout à longue distance, les circulations de desserte locale parmi lesquelles le train « marchandises voyageurs » Tournemire-Roquefort – Séverac-le-Château quotidien, témoin de l’importance de l’économie agro-alimentaire de l’Aveyron.

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Tableau horaire de la gare de Millau, septembre 1937

Compagnie du PO-Midi

Heure – Destination – Nature - Provenance

4:47 - Béziers (7:34) – Train omnibus n° 2463 – Origine Millau

5:15 – Rodez (6:45) – autorail express n° 2432 - Provenance Tournemire-Roquefort (4:41)

6:00 – Saint-Flour (9:19) – Train léger n° 2440 – Origine Millau

7:45 – Béziers (10:55) – Train léger n° 2437 – Origine Sévérac-le-Château (6:56)

9:34 – Tournemire-Roquefort (10:43) – Marchandises-Voyageurs n° 5417 – Origine Sévérac-le-Château (7:40)

9:36 – Saint-Flour (12:50) – Train léger n° 2444 – Provenance Béziers (6:25)

11:14 – Béziers (13:49) – Train express n° 2441 – Provenance Saint-Flour (7:54) - Voiture Paris Austerlitz (20:10), Neussargues (7:14).

13:15 – Saint-Flour (16:41), Voiture Neussargues (18:31), Paris Orsay (06 :04) – Train omnibus n°2460 – Provenance Béziers (9:30)

15:29 – Béziers (19:18) – Train Omnibus n° 2447 – Provenance Saint-Flour (11:32)

16:23 – Sévérac-le-Château (17:07) – Train léger n° 2454 – Provenance Béziers (13:24)

16:50 – Saint-Flour (20:01), Voiture Paris PLM (06:15) – Train express n° 2456 – Provenance Béziers (14:17)

18:52 – Sévérac-le-Château (20:12) – Marchandises Voyageurs n° 5436 – Provenance Tournemire-Roquefort (17:30)

19:37 – Béziers (22:35) – Train léger n° 2455 – Provenance Saint-Flour (16:12)

20:52Terminus Millau – Train omnibus n° 2480 – Provenance Béziers (17:42)

21:03 – Tournemire-Roquefort (21:32) – Autorail express n° 2439 – Provenance Rodez (19:30)

22:03 – Terminus Millau – Train léger n° 2457 – Provenance Saint-Flour (18:48)

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Aujourd’hui, Millau connaît une offre routière bien supérieure à l’offre ferroviaire. En substitution aux trains Séverac-le-Château - Rodez, un service d’autocars LiO (ligne 214) propose 8 allers-retours Millau-Séverac-Rodez en semaine, dont 3 au statut SNCF TER. Le temps de parcours s’élève à 1 h 30 mn pour 74 km. Soulignons que cette discontinuité de mode interdit tout train direct entre Toulouse et Millau via Rodez. A l’horaire 1992, l’autorail Toulouse-Millau effectuait le parcours Rodez-Millau en 1 h 12 mn sur une voie déjà entretenue de façon minimaliste et qui ne recevait qu’un aller-retour quotidien en semaine entre Séverac-le-Château et Rodez : celui de cet autorail à longue distance.

Vers Montpellier, en complément de la maigre offre ferroviaire via Béziers, une ligne d’autocars LiO partiellement amorcée à Saint-Affrique (ligne 234) relie Millau à Montpellier à raison de 6 allers-retours en semaine en 2 h 05 mn jusqu’à la gare Saint-Roch, ou 1 h 25 mn pour trois services limités au pôle d’échange tramway de Montpellier Mosson (lignes 1 et 3). Le parcours Millau-Montpellier est long d’environ 112 km.

La commune de Millau compte 21.900 habitants, son intercommunalité compte 29.200 habitants.

En 1937, une gare de Saint-Flour plaque tournante du nord de la ligne

A la fin de l’ère du Midi, devenu PO-Midi, l’existence de la courte ligne PLM Saint-Flour - Beaumont-Loriat, permettait d’articuler l’offre voyageurs autour de Saint-Flour. Les services du PO-Midi et du PLM s’y côtoyaient. Avec dix départs quotidiens et des manœuvres d’accroché-décroché de voitures directes Paris-Béziers (via Bort et le PO, ou via Clermont-Ferrand et le PLM), et un trafic fret que tentait de capter le PLM côté nord, la gare de la sous-préfecture du Cantal était dotée d’importantes emprises.

Témoin de l'ancienne fonction de destination et de correspondance de la gare de Saint-Flour, cet ancien "Grand Hôtel Terminus" face au bâtiment voyageurs. (Cl. RDS)

 Un hôtel à proximité du bâtiment voyageurs, abandonné depuis quelques décennies, permettait de ne pas avoir à monter dans la ville haute pour passer une nuit.

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Tableau horaire de la gare de Saint-Flour, septembre 1937

Compagnie du PO-Midi et Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée

Heure – Destination – Nature - Provenance

5:47 – Le Monastier (10:01) – Marchandises Voyageurs n°4291 – Origine Saint-Flour

7:47 Terminus Saint-Flour – Train léger n°2432 – Provenance Saint-Chély (7:04) – Les jours de foire à Saint-Flour, cinq fois par an.

7:54 – Béziers (13:49) – Express n°2441 – Départ Saint-Flour, voitures Paris-Austerlitz (20 :10), Neussargues (7:14) et Paris PLM (21:00)

8:20 – Saint-Chély (9:13) – Train léger n°2443 – Origine Saint-Flour - Les jours de foire à Saint-Chély, onze fois par an.

9:19 – Terminus Saint-Flour – Train léger n°2440 – Provenance Millau (6:00)

11:16 – Terminus Saint-Flour – Train PLM – Provenance Paris PLM (23:00)

11:32 – Béziers (19:18) – Omnibus n°2447 – Origine Saint-Flour

12 :50 – Terminus Saint-Flour – Train léger n°2444 – Provenance Béziers (6 :25)

13:25 – Paris PLM (23:15) – Train PLM – Origine Saint-Flour

14:25 Terminus Saint-Flour – Train PLM – Origine Nevers (6:10) – Les jours de marché et de foire à Saint-Flour, samedis non-fériés et 23-Vi et 15-IX

15:48Terminus Saint-Flour – Marchandises Voyageurs n° 4290 – Provenance Sévérac-le-Château (11 :24)

16 :12 – Béziers (22:35) – Train léger n°2455 – Origine Saint-Flour

16 :41Terminus Saint-Flour – Omnibus n°2460 – Provenance Béziers (9:30)

18:00 – Paris PLM (05:25) – Train PLM – Origine Saint-Flour

18:05 – Neussargues (18:31), voiture Bort (20:58) Paris-Orsay (06:04) – Train léger n°90 – Voitures directes Paris-Orsay provenance Béziers (9:30) par train 2460

18 :34Terminus Saint-Flour – Train PLM – Provenance Paris-PLM (7:40)

19:48 – Millau (22:03) – Marchandises Voyageurs n°5405 – Origine Saint-Flour

20:01 – Terminus Saint-Flour, voiture Paris PLM (6:15) – Train Express n°2456 – Provenance Béziers (14 :17)

20:23 – Paris PLM (6 :15) – Train PLM – Origine Saint-Flour, voiture provenance Béziers (14:17) par train n°2456

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 Aujourd’hui, Saint-Flour est donc presque exclusivement desservi par des lignes régionales de transport public routier. De Saint-Flour à Aurillac, outre l’unique relation feroviaire avec correspondance à Neussargues, la ligne C01 relie les deux villes 3 fois par jour en semaine en environ deux heures pour un itinéraire long d’environ 70 km. De Saint-Flour à Clermont-Ferrand, la ligne C09 assure 2 allers-retours quotidiens en semaine en 1 h 42 mn pour 103 km, auxquels il convient d’ajouter 4 allers-retours Saint-Flour-Massiac donnant correspondance avec des trains TER Aurillac-Clermont-Ferrand avec des temps de parcours nettement allongés.

 Notons enfin l’existence d’un aller-retour Saint-Flour-Saint-Chély-d’Apcher en semaine (deux en vacances scolaires), avec un temps de parcours de 42 mn pour 38 km, contre 38 mn par l’Intercités quotidien. Il résulte de cette situation une domination quasi-totale du transport motorisé individuel pour les habitants de cette ville de 6.400 habitants, sous-préfecture du Cantal, dont l’intercommunalité 23.400 habitants.

Quelques perspectives

 Devant cette offre de service public ferroviaire étique renvoyant l’image d’un pays en voie de sous-développement, d’une offre routière complexe (terminus variables, exceptions de circulation décourageantes) et minimaliste (à l’exception de Millau-Rodez voire Millau-Montpellier), la réactivation d’une offre ferroviaire serait la première des mesures à prendre afin de reconstituer une colonne vertébrale de transport public.

 Il en va évidemment de la réouverture, renvoyée à plus tard, de Séverac-le-Château - Rodez afin de permettre de rétablir des TER aux deux heures entre Millau et Rodez, soit 8 allers-retours quotidiens, soit autant que le nombre de rotations d’autocars à ce jour, en environ 1 h 20 mn, soit un gain d’une dizaine de minutes par rapport à l’autocar.

Vue partielle du faisceau de la gare de Saint-Flour. En matière de transport ferroviaire, cette région est reléguée au niveau d'un pays du tiers-monde malgré une voie électrifiée. (Cl. RDS) 

 Il en va évidemment aussi de la relation intra-cantalienne Saint-Flour-Aurillac/Clermont-Ferrand. Vers Aurillac, la seule relation ferroviaire est disponible en 1 h 27 mn avec 15 mn de correspondance à Neussargues, soit une demi-heure de moins que le parcours par autocar. La création de deux allers-retours quotidiens TER Saint-Chély-d’Apcher - Saint-Flour - Neussargues - Aurillac par la région Auvergne-Rhône-Alpes permettrait de réduire le temps de parcours entre Saint-Flour et Aurillac à 1 h 15 mn environ tout en donnant correspondance vers le sud avec le TER Saint-Chély-d’Apcher-Béziers, dont la fréquence devrait à l’évidence être portée à deux par jour, soit trois relations en comptant l’Intercités. Une coopération entre les deux régions afin de créer au moins un TER continu entre Béziers et Aurillac serait évidemment bienvenu.

 La prolongation du train de nuit Paris-Aurillac jusqu'à Saint-Flour, Millau et/ou Mende permettrait d'étoffer la trame.

 Vers Clermont-Ferrand, les relations TER directes complémentaires à l’Intercités quotidien pourraient être conçues par rames communse entre Saint-Chély-d’Apcher et Neussargues, ensuite dissociées vers Aurillac et Clermont-Ferrand (possiblement limitées à Arvant pour correspondance avec le flux Brioude-Clermont-Ferrand).

 Il faudrait pour cela que la région Auvergne-Rhône-Alpes se convertisse à une politique offensive en matière ferroviaire. Au regard des deux derniers mandats – et au contraire des précédents – on ne peut malheureusement pas en attendre grand-chose.

 En conclusion, l’involution de ces deux gares, Millau et Saint-Flour, témoigne de l’arbitrage délibéré opéré par les autorités publiques françaises aux dépens du rail, infrastructure pourtant pérenne, capacitaire, sûre et structurante. La route lui aura été substitué, avec des autocars aux horaires et fréquences généralement erratiques, tentant de coller au plus près à la clientèle captive pour éviter de trop creuser leur propre déficit.

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Commentaires
M
Article qui illustre parfaitement le désert ferroviaire installé dans ces régions trop rurales et reculées pour être dignes d'intérêt. Il serait d'ailleurs possible d'utiliser un B 81500 ou B 82500, bimodes et circulant sous 1500 V continu sans rupture de charge à Neussargues, mais les deux régions ne veulent tout simplement pas engager leurs bimodes sur une ligne qui dessert des contrées trop rurales et reculées pour les intéresser un minimum.<br /> J'ai séjourné récemment à Millau et reconnu les gares sur les photos. J'ai eu les bonheur et privilège de poireauter une heure en plein vent de nuit à Tournemire en attendant le dernier Béziers-Millau en retard de 45', info obtenue par le téléphone de quai puisqu'aucun agent n'est présent depuis des lustres, au milieu des infrastructures qui pourrissent et du bâtiment lui-même bradé à un bistrot, ex-gare carrefour devenue symbole d'un service indigent dans ce secteur trop rural et reculé pour qu'on s'y intéresse encore.<br /> Depuis un car Rodez-Millau, j'ai pu longer la ligne parallèle Rodez-Séverac qui rouille et se fait envahir par une végétation libre, à proximité d'une route parallèle soignée et entretenue. Même spectacle affligeant qu'entre Boën et Thiers où une voie ferrée agonisante avoisine une départementale qui fait l'objet de toutes les attentions, jusqu'à empiéter sur ses passages à niveau à présent bétonnés. Mais ces deux lignes ne desservent pas de station de sport d'hiver comme Luchon ou Bourg St-Maurice, ni même d'agglomération importante. Si : Boën-Thiers desservait Clermont-Fd et St-Etienne, villes à présent enclavées dans une région anti-rail doublée d'un mépris national qui leur est spécifique : elles sont trop rurales, reculées et sinistrées pour être dignes d'intérêt.<br /> Quant à créer des TER St Chély - Aurillac et VV : la région AURA nous rirait au nez, elle qui ne pense qu'à réduire à tout va les dessertes déjà existantes pour faire des économies redistribuées aux infrastructures routières - pas forcément de son ressort - déjà largement priorisées sur tout le reste, à l'heure de l'urgence climatique... Je vois mal par ailleurs Intercités prolonger son train de nuit cantalien fraîchement rétabli jusqu'à des contrées trop rurales et reculées pour être dignes d'une desserte directe vers Paris, à l'heure du profit et de la rentabilité reines.
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B
Mon précédent post . "l' adversaire politique" de De Robien : GAYSSOT, pardon pour l' amnésie initiale de son nom.
Répondre
B
Pensons aussi à ce cher De Robien qui, de ses bureaux parisiens, a saboté un projet de coulour fret alternatif à la Vallée du Rhône . Tout ça parce qu' un concurrent politique, de la région de Beziers, en avait eu l' idée . Honte à ce saboteur !
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L
Je ne comprends pas Carole DELGA qui pourtant aime le train ne prône pas en faveur de trains supplémentaires de Béziers à Millau, l'offre est bien trop faible !<br /> Quant à ajouter un train St-Chély d'Apcher - Neussargues je ne pense pas que la région AURA soit si intéressée que cela pour en subventionner un aller/retour ?<br /> C'est vraiment dommage ...
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S
Carole aime sûrement le train. Néanmoins, la rénovation de Rodez-Séverac a été différée(pour ne pas dire abandonnée)pour des raisons budgétaires, l'État réduisant chaque année un peu plus les dotations aux Régions pour les mêmes raisons, et leur refilant la patate chaude du retapage des lignes qu'il considère comme purement...régionales. Pour autant, on remarquera que la subvention de la Région Occitanie à la construction de l'A 69, elle, n'a pas succombé aux restrictions budgétaires. Va comprendre, Charles...
D
Merci pour cet inventaire détaillé. La ligne Rodez Séverac a perdu son dernier train de voyageur en 1988 (le locorama estival Lyon Toulouse) et elle a bien failli y passer car le fret a été supprimé en 1989 en même temps que sur l'antenne d'Espalion. (le scénario est identique à St Auban Digne)<br /> C'est la région Midi Pyrénées qui a décidé la relance du TER d'abord par un AR Toulouse Millau (Tournemire) en 1992. Desserte portée ensuite à 3AR entre Rodez et Millau, le prolongement à Tournemire ayant disparu. La ligne a été exclue du premier plan rail de Midi Pyrénées (tout comme Montréjeau Luchon) ce qui augurait du destin qu'on lui réservait: une agonie à petit feu avec les rails DC dont on sait depuis 2007 que la seule solution à leur fragilité s'appelle RVB (et surtout pas du remplacement de traverses à l'unité qui ne fait que fragiliser la structure semelle/coin/rail).
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Raildusud : l'observateur ferroviaire du grand Sud-Est
  • Le chemin de fer est indispensable à toutes nos villes et ne doit pas être l'apanage de la seule région-capitale. Les lignes transversales, régionales et interrégionales doivent contribuer à une France multipolaire, équitable au plan social et territorial.
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