Millau, Saint-Flour : deux gares jadis actives, une ligne Béziers-Neussargues sous-exploitée
(En vignette de couverture, la façade de l'important bâtiment de la gare de Saint-Flour, sous-préfecture du Cantal, qui ne voit passer qu'un seul aller-retour voyageurs quotidien)
Aujourd’hui privée de sept de ses huit lignes affluentes intermédiaires, fermées les unes après les autres depuis l’installation de la SNCF en 1938, la ligne Béziers-Neussargues a perdu l’une de ses deux principales fonctions : outre celle d’un axe radial Paris-Clermont-Ferrand-Languedoc, celle d’axe principal de maillage régional de la moitié sud du Massif Central. Ce désinvestissement s’est accompagné de l’abandon quasi-total du fret ferroviaire, à la seule exception du trafic de coils au nord.
Il en résulte un paysage désolant dans la plupart de ses gares, aux vastes emprises largement abandonnées malgré leur potentiel : Bédarieux, Millau, Séverac-le-Château, Le Monastier, Marvejols, Saint-Chély-d'Apcher, Saint-Flour. Nous publions dans cet article, à titre de référence, les tableaux horaires du service 1937 des gares de Millau et de Saint-Flour. Ils témoignent de leur importante activité voyageurs, nourries par des circulations nord-sud elles-mêmes achalandées par les voyageurs en correspondance ou les trains transversaux.
De huit lignes affluentes intermédiaires, il n’en reste qu’une
Tout d’abord, précisons quelles furent les lignes affluentes intermédiaires de l’axe Béziers-Neussargues, hors les lignes de jonction à ses extrémités : à Béziers (Bordeaux-Sète) et Neussargues (Figeac-Aurillac-Arvant). Il ne reste de ces lignes huit affluentes qu’une d’entre elles en service aujourd’hui, et encore est-ce en service plus que minimal : la ligne qui relie La Bastide-Saint-Laurent-Les-Bains, sur la ligne Nîmes-Clermont-Ferrand, à Mende et Le Monastier, sur la ligne Béziers-Neussargues, mise en service en deux temps : 1884 de Mende au Monastier, 1902 de Mende à La Bastide.
A l'écart de la vaste marquise de la gare de Bédarieux, ce Régiolis surpris à l'essai en 2013. L'importance de l'emprise ferroviaire témoigne de ce qui fut un noeud de correspondance considérable, entre l'axe Béziers-Neussargues et la transversale Montpellier-Toulouse par Mazamet, auxquels ils convient d'ajouter l'antenne de Plaisance Andabre amorcé à quelques kilomètres au nord. (Cl. RDS)
Ont en revanche disparu les lignes suivantes (la dernière gare citée est celle située sur la ligne Béziers-Neussargues, suivent les dates de mise en service et de fermeture aux voyageurs) :
- Montpellier-Paulhan-Faugères (1877-1970)
- Castres-Bédarieux (1889-1972, maintenue en service de Castres à Mazamet côté Toulouse)
- Plaisance-Andabre - Latour-sur-Orb (1858/1924-1954)
- Saint-Affrique - Tournemire-Roquefort (1874-1938. Devait être amorcée à Albi, jamais achevée)
- Nîmes-Le Vigan-Tournemire-Roquefort (1896-1939)
- Rodez - Séverac-le-Château (1880-1980, réouverte aux voyageurs de 1989 à 2017)
- Beaumont-Loriat - Saint-Flour (1910-1940)
Du sud au nord, six gares de jonction ont donc perdu leur fonction de correspondances ou de transit. Celle de Tournemire-Roquefort, dont les vastes emprises sont désormais désertiques, a perdu ses trains de jonction des deux lignes vers Le Vigan à l’est, Saint-Affrique à l’ouest, de même que son trafic fret lié aux célèbres caves de Roquefort. L’offre fret est étonnamment interdite depuis quelques décennies sur la ligne Béziers-Neussargues au sud de Marvejols alors que voici une trentaine d’années des citernes d’hydrocarbures étaient encore convoyées par rail jusqu’à Mende depuis la ligne Béziers-Neussargues.
Transit : minimal de et vers Mende, Toulouse-Montpellier disparu
Il résulte de ce démaillage massif que l’une des fonctions de Béziers-Neussargues, celle rassemblant et diffusant des trafics à l’est et à l’ouest, a été presque entièrement stérilisée. En transit de trains de voyageurs ne demeure plus que le TER quotidien de et vers Mende entre Marvejols et Le Monastier.
En transit voyageurs ont disparu de sections de la ligne Béziers-Neussargues les trains : Toulouse-Montpellier entre Bédarieux et Faugères ; Bédarieux-Plaisance-Andbre entre Bédarieux et Latour-sur-Orb ; Millau-Rodez entre Millau et Séverac-le-Château.
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Halle marchandises de la gare de Tournemire Roquefort sans activité ferroviaire à ce jour. Ce fut un centre actif pour le chargement de produits laitiers et de bétail, à la jonction des lignes Béziers-Neussargues, Tournamire-Le Vigan et Tournemire Saint-Affrique. Tout le fret est désormais routier malgré l'important trafic des sites de production de Roquefort, à 2,5 km de cette gare. (Cl. RDS)
En correspondances voyageurs ont disparu les trains : à Tournemire-Roquefort vers Le Vigan, Saint-Affrique ; à Saint-Flour vers Beaumont-Loriat et au-delà vers Brioude, Clermont-Ferrand, Paris.
Aux extrémités, la gare de Béziers donne correspondance avec les trains de l’axe languedocien (vers Marseille, Lyon, Paris ; Narbonne, Perpignan, Toulouse, Bordeaux). Celle de Neussargues donne correspondance vers Aurillac et Clermont-Ferrand. Notons que l’Intercités Bézers-Clermont-Ferrand, seule circulation voyageurs de Saint-Chély-d’Apcher à Neussargues, impose aux voyageurs un changement de matériel roulant faute de rames bimodes aptes à circuler en thermique du nord, en électrique au sud, Béziers-Neussargues étant électrifiée en 1.500 Vcc.
Six allers-retours à Bédarieux, un seul à Saint-Flour
Si, au sud, la gare de Bédarieux reste desservie en semaine par six allers-retours quotidiens en provenance ou à destination de Béziers (cinq les samedis, quatre les dimanche en période scolaire, deux les dimanches hors périodes scolaires), celles de Millau et Saint-Flour sont encore moins bien loties.
Millau n’est touchée que par trois allers-retours de et vers Béziers en semaine et les samedis, deux les dimanches et fête. Plus au nord, Saint-Chély-d’Apcher est touché par deux allers-retours de et vers Béziers en semaine et les samedis, un seul les dimanches et fêtes (l’Intercités). Plus au nord, Saint-Flour est touché par un allers-retour Intercités de et vers Béziers au sud, Neussargues au nord.
La gare de Millau, dont les emprises fret sont désertes de tout trafic ferroviaire, connut pourtant un tout autre sort. En témoigne, le tableau des arrivées et départs tel qu’en service en 1937, dernière années d’exploitation de la ligne par la très entreprenante compagnie du Midi.
En 1937, une gare de Millau très active
Avec quatorze départs quotidiens de trains de voyageurs, la gare de Millau était, au crépuscule de la compagnie du Midi (fusionnée avec le PO en 1934), bien plus active que de nos jours. En 2023, elle n’expédie plus que cinq trains les « jours ouvrables de base », trois vers le sud (Béziers), deux vers le nord (Saint-Chély-d’Apcher et Neussargues). En 1937 on comptait sept départs vers le sud (cinq Béziers et deux Tournemire-Roquefort) et autant vers le nord (un Rodez, quatre Saint-Flour et deux Sévérac-le-Château). Millau était l’origine-destination de deux circulations voyageurs de début (départ vers Béziers et Saint-Flour) et fin de journée (arrivée de Béziers et Saint-Flour) afin d’équilibrer le tableau horaire.
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Millau, capitale de la ganterie (avec Grenoble), de la peausserie et de nombreuses autres activités industrielles et agricoles était équipée d'installation ferroviaire fret considérable, comme en témoigne ce cliché. Désormais, le fret est interdit sur cette section de ligne. (Cl. RDS)
Il fallait bien sûr ajouter à ce trafic celui des trains de marchandises : les circulations de bout en bout à longue distance, les circulations de desserte locale parmi lesquelles le train « marchandises voyageurs » Tournemire-Roquefort – Séverac-le-Château quotidien, témoin de l’importance de l’économie agro-alimentaire de l’Aveyron.
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Tableau horaire de la gare de Millau, septembre 1937
Compagnie du PO-Midi
Heure – Destination – Nature - Provenance
4:47 - Béziers (7:34) – Train omnibus n° 2463 – Origine Millau
5:15 – Rodez (6:45) – autorail express n° 2432 - Provenance Tournemire-Roquefort (4:41)
6:00 – Saint-Flour (9:19) – Train léger n° 2440 – Origine Millau
7:45 – Béziers (10:55) – Train léger n° 2437 – Origine Sévérac-le-Château (6:56)
9:34 – Tournemire-Roquefort (10:43) – Marchandises-Voyageurs n° 5417 – Origine Sévérac-le-Château (7:40)
9:36 – Saint-Flour (12:50) – Train léger n° 2444 – Provenance Béziers (6:25)
11:14 – Béziers (13:49) – Train express n° 2441 – Provenance Saint-Flour (7:54) - Voiture Paris Austerlitz (20:10), Neussargues (7:14).
13:15 – Saint-Flour (16:41), Voiture Neussargues (18:31), Paris Orsay (06 :04) – Train omnibus n°2460 – Provenance Béziers (9:30)
15:29 – Béziers (19:18) – Train Omnibus n° 2447 – Provenance Saint-Flour (11:32)
16:23 – Sévérac-le-Château (17:07) – Train léger n° 2454 – Provenance Béziers (13:24)
16:50 – Saint-Flour (20:01), Voiture Paris PLM (06:15) – Train express n° 2456 – Provenance Béziers (14:17)
18:52 – Sévérac-le-Château (20:12) – Marchandises Voyageurs n° 5436 – Provenance Tournemire-Roquefort (17:30)
19:37 – Béziers (22:35) – Train léger n° 2455 – Provenance Saint-Flour (16:12)
20:52 – Terminus Millau – Train omnibus n° 2480 – Provenance Béziers (17:42)
21:03 – Tournemire-Roquefort (21:32) – Autorail express n° 2439 – Provenance Rodez (19:30)
22:03 – Terminus Millau – Train léger n° 2457 – Provenance Saint-Flour (18:48)
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Aujourd’hui, Millau connaît une offre routière bien supérieure à l’offre ferroviaire. En substitution aux trains Séverac-le-Château - Rodez, un service d’autocars LiO (ligne 214) propose 8 allers-retours Millau-Séverac-Rodez en semaine, dont 3 au statut SNCF TER. Le temps de parcours s’élève à 1 h 30 mn pour 74 km. Soulignons que cette discontinuité de mode interdit tout train direct entre Toulouse et Millau via Rodez. A l’horaire 1992, l’autorail Toulouse-Millau effectuait le parcours Rodez-Millau en 1 h 12 mn sur une voie déjà entretenue de façon minimaliste et qui ne recevait qu’un aller-retour quotidien en semaine entre Séverac-le-Château et Rodez : celui de cet autorail à longue distance.
Vers Montpellier, en complément de la maigre offre ferroviaire via Béziers, une ligne d’autocars LiO partiellement amorcée à Saint-Affrique (ligne 234) relie Millau à Montpellier à raison de 6 allers-retours en semaine en 2 h 05 mn jusqu’à la gare Saint-Roch, ou 1 h 25 mn pour trois services limités au pôle d’échange tramway de Montpellier Mosson (lignes 1 et 3). Le parcours Millau-Montpellier est long d’environ 112 km.
La commune de Millau compte 21.900 habitants, son intercommunalité compte 29.200 habitants.
En 1937, une gare de Saint-Flour plaque tournante du nord de la ligne
A la fin de l’ère du Midi, devenu PO-Midi, l’existence de la courte ligne PLM Saint-Flour - Beaumont-Loriat, permettait d’articuler l’offre voyageurs autour de Saint-Flour. Les services du PO-Midi et du PLM s’y côtoyaient. Avec dix départs quotidiens et des manœuvres d’accroché-décroché de voitures directes Paris-Béziers (via Bort et le PO, ou via Clermont-Ferrand et le PLM), et un trafic fret que tentait de capter le PLM côté nord, la gare de la sous-préfecture du Cantal était dotée d’importantes emprises.
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Témoin de l'ancienne fonction de destination et de correspondance de la gare de Saint-Flour, cet ancien "Grand Hôtel Terminus" face au bâtiment voyageurs. (Cl. RDS)
Un hôtel à proximité du bâtiment voyageurs, abandonné depuis quelques décennies, permettait de ne pas avoir à monter dans la ville haute pour passer une nuit.
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Tableau horaire de la gare de Saint-Flour, septembre 1937
Compagnie du PO-Midi et Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée
Heure – Destination – Nature - Provenance
5:47 – Le Monastier (10:01) – Marchandises Voyageurs n°4291 – Origine Saint-Flour
7:47 – Terminus Saint-Flour – Train léger n°2432 – Provenance Saint-Chély (7:04) – Les jours de foire à Saint-Flour, cinq fois par an.
7:54 – Béziers (13:49) – Express n°2441 – Départ Saint-Flour, voitures Paris-Austerlitz (20 :10), Neussargues (7:14) et Paris PLM (21:00)
8:20 – Saint-Chély (9:13) – Train léger n°2443 – Origine Saint-Flour - Les jours de foire à Saint-Chély, onze fois par an.
9:19 – Terminus Saint-Flour – Train léger n°2440 – Provenance Millau (6:00)
11:16 – Terminus Saint-Flour – Train PLM – Provenance Paris PLM (23:00)
11:32 – Béziers (19:18) – Omnibus n°2447 – Origine Saint-Flour
12 :50 – Terminus Saint-Flour – Train léger n°2444 – Provenance Béziers (6 :25)
13:25 – Paris PLM (23:15) – Train PLM – Origine Saint-Flour
14:25 – Terminus Saint-Flour – Train PLM – Origine Nevers (6:10) – Les jours de marché et de foire à Saint-Flour, samedis non-fériés et 23-Vi et 15-IX
15:48 –Terminus Saint-Flour – Marchandises Voyageurs n° 4290 – Provenance Sévérac-le-Château (11 :24)
16 :12 – Béziers (22:35) – Train léger n°2455 – Origine Saint-Flour
16 :41 – Terminus Saint-Flour – Omnibus n°2460 – Provenance Béziers (9:30)
18:00 – Paris PLM (05:25) – Train PLM – Origine Saint-Flour
18:05 – Neussargues (18:31), voiture Bort (20:58) Paris-Orsay (06:04) – Train léger n°90 – Voitures directes Paris-Orsay provenance Béziers (9:30) par train 2460
18 :34 – Terminus Saint-Flour – Train PLM – Provenance Paris-PLM (7:40)
19:48 – Millau (22:03) – Marchandises Voyageurs n°5405 – Origine Saint-Flour
20:01 – Terminus Saint-Flour, voiture Paris PLM (6:15) – Train Express n°2456 – Provenance Béziers (14 :17)
20:23 – Paris PLM (6 :15) – Train PLM – Origine Saint-Flour, voiture provenance Béziers (14:17) par train n°2456
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Aujourd’hui, Saint-Flour est donc presque exclusivement desservi par des lignes régionales de transport public routier. De Saint-Flour à Aurillac, outre l’unique relation feroviaire avec correspondance à Neussargues, la ligne C01 relie les deux villes 3 fois par jour en semaine en environ deux heures pour un itinéraire long d’environ 70 km. De Saint-Flour à Clermont-Ferrand, la ligne C09 assure 2 allers-retours quotidiens en semaine en 1 h 42 mn pour 103 km, auxquels il convient d’ajouter 4 allers-retours Saint-Flour-Massiac donnant correspondance avec des trains TER Aurillac-Clermont-Ferrand avec des temps de parcours nettement allongés.
Notons enfin l’existence d’un aller-retour Saint-Flour-Saint-Chély-d’Apcher en semaine (deux en vacances scolaires), avec un temps de parcours de 42 mn pour 38 km, contre 38 mn par l’Intercités quotidien. Il résulte de cette situation une domination quasi-totale du transport motorisé individuel pour les habitants de cette ville de 6.400 habitants, sous-préfecture du Cantal, dont l’intercommunalité 23.400 habitants.
Quelques perspectives
Devant cette offre de service public ferroviaire étique renvoyant l’image d’un pays en voie de sous-développement, d’une offre routière complexe (terminus variables, exceptions de circulation décourageantes) et minimaliste (à l’exception de Millau-Rodez voire Millau-Montpellier), la réactivation d’une offre ferroviaire serait la première des mesures à prendre afin de reconstituer une colonne vertébrale de transport public.
Il en va évidemment de la réouverture, renvoyée à plus tard, de Séverac-le-Château - Rodez afin de permettre de rétablir des TER aux deux heures entre Millau et Rodez, soit 8 allers-retours quotidiens, soit autant que le nombre de rotations d’autocars à ce jour, en environ 1 h 20 mn, soit un gain d’une dizaine de minutes par rapport à l’autocar.
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Vue partielle du faisceau de la gare de Saint-Flour. En matière de transport ferroviaire, cette région est reléguée au niveau d'un pays du tiers-monde malgré une voie électrifiée. (Cl. RDS)
Il en va évidemment aussi de la relation intra-cantalienne Saint-Flour-Aurillac/Clermont-Ferrand. Vers Aurillac, la seule relation ferroviaire est disponible en 1 h 27 mn avec 15 mn de correspondance à Neussargues, soit une demi-heure de moins que le parcours par autocar. La création de deux allers-retours quotidiens TER Saint-Chély-d’Apcher - Saint-Flour - Neussargues - Aurillac par la région Auvergne-Rhône-Alpes permettrait de réduire le temps de parcours entre Saint-Flour et Aurillac à 1 h 15 mn environ tout en donnant correspondance vers le sud avec le TER Saint-Chély-d’Apcher-Béziers, dont la fréquence devrait à l’évidence être portée à deux par jour, soit trois relations en comptant l’Intercités. Une coopération entre les deux régions afin de créer au moins un TER continu entre Béziers et Aurillac serait évidemment bienvenu.
La prolongation du train de nuit Paris-Aurillac jusqu'à Saint-Flour, Millau et/ou Mende permettrait d'étoffer la trame.
Vers Clermont-Ferrand, les relations TER directes complémentaires à l’Intercités quotidien pourraient être conçues par rames communse entre Saint-Chély-d’Apcher et Neussargues, ensuite dissociées vers Aurillac et Clermont-Ferrand (possiblement limitées à Arvant pour correspondance avec le flux Brioude-Clermont-Ferrand).
Il faudrait pour cela que la région Auvergne-Rhône-Alpes se convertisse à une politique offensive en matière ferroviaire. Au regard des deux derniers mandats – et au contraire des précédents – on ne peut malheureusement pas en attendre grand-chose.
En conclusion, l’involution de ces deux gares, Millau et Saint-Flour, témoigne de l’arbitrage délibéré opéré par les autorités publiques françaises aux dépens du rail, infrastructure pourtant pérenne, capacitaire, sûre et structurante. La route lui aura été substitué, avec des autocars aux horaires et fréquences généralement erratiques, tentant de coller au plus près à la clientèle captive pour éviter de trop creuser leur propre déficit.