Canalblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Raildusud : l'observateur ferroviaire du grand Sud-Est
Publicité
8 novembre 2025

Le SERM toulousain, entre « préfiguration » des politiques et revendications des usagers

 L’hypothétique « RER » de la zone urbaine de Toulouse essaie de prendre forme avec des études de « préfiguration » lancées en mars dernier par les élus politiques et les techniciens, accompagné des demandes pressantes du collectif d’usagers Rallumons l’Etoile.

Tandis que l’État français se débat dans un océan de dettes, la perspective, de sa part, d’un financement rapide et conséquent des projets de ces Services express régionaux métropolitains (SERM) s’éloigne, plusieurs métropoles attendant toujours de premières subventions.

 Parallèlement, l’idée lancée par le président Macron de « RER » de métropoles a opportunément été redéfinie en concepts globaux de transports alternatifs à « l’autosolisme », incluant pistes cyclables, lignes d’autobus, stations autopartage et ne faisant figurer le ferroviaire, dans plusieurs cas, que comme un élément parmi d’autres, parfois figurant même en dernière place.

452 communes centrées sur Toulouse

Le 3 mars dernier l’État, la région Occitanie, le département de Haute-Garonne, Toulouse Métropole et Tisséo Collectivité, ont lancé la phase de préfiguration du SERM toulousaine. Il concernerait 452 communes centrées sur Toulouse dont au moins 40 % des résidents travaillent dans la ville-centre, et 19 intercommunalités. Son concernés : Haute-Garonne, Ariège, Aude, Gers, Tarn et Tarn-et-Garonne.

 La centralisation sur Toulouse de l’ancienne région Midi-Pyrénées est statistiquement supérieure à la centralisation française dans son ensemble. La zone urbaine de Toulouse en fait la quatrième la plus peuplée de France après Paris, Lyon et Marseille-Aix.

 La Société des grands projets, SNCF Réseau et SNCF Gares & Connexions sont mobilisées pour consolider cet avant-projet de SERM, qui inclura ferroviaire, réseaux urbains, services routiers et mobilités qualifiées de « douces ». La constitution du dossier de préfiguration, d’un coût de 535.000 € hors taxes, « vise également à préparer le plan de financement et à élaborer un schéma de gouvernance pour les phases ultérieures de la démarche SERM », indiquait la préfectureLe financement de cette étude a été assuré par l’État pour moitié, le reste par les collectivités.

Rames TER occitanes "LiO" sur les voies des services à destination du quart nord-est toulousain de la gare de Toulouse Matabiau. La question de l'hétérogénéité du parc moteur se posera lors de l'augmentation des fréquences en raison de l'absence d'électrification sur ces lignes, vers Saint-Sulpice-sur-Tarn et au-delà vers Mazamet, Albi... (Cl. RDS)

 Les services de la région Occitanie soulignent qu’en 2023 « 68 % des habitants de la troisième couronne se déplaçaient en voiture, seulement 7 % en transports en commun, et 3 % en vélo ». Parallèlement, « la fréquentation des trains régionaux liO a augmenté de 68% sur le territoire occitan entre 2019 et 2024 », ce qui dénote le retard du ferroviaire dans le transport péri-urbain métropolitain.

 Les services de la région Occitanie insistent sur le fait que le point central du projet doit être « lrenforcement des trains avec une connexion aux trois lignes de métro », la troisième, automatique, à gabarit nettement supérieur à celui du VAL des deux premières lignes, et à roulement fer, devant être mise en service en 2028. Le SERM « proposera des trains de 5 h 00 à 23 h 00, avec des passages toutes les 10 minutes aux heures de pointe et la création de nouvelles haltes ». L’objectif est d’assurer « 121 trains supplémentaires (quotidiens) d’ici fin 2032 ».

Un calendrier initial

Des voies réservées devront être aménagées pour réduire les temps de parcours des autocars dans les zones « non desservies par les trains », ou plutôt que les anciens trains départementaux, supprimés depuis sept ou huit décennies, ne desservent plus. Des « lignes de covoiturage » seront encouragées, nous dit encore la documentation qui insiste aussi, de façon plus opportune, sur la nécessité d’une tarification unifiée.

La région, autorité organisatrice du ferroviaire régional et à ce titre en première ligne pour la partie réseau ferré du SERM toulousain, a publié le calendrier suivant :

2025 : phase d’expérimentation de l’augmentation des fréquences de TER en heures creuses ; 2028 : achèvement des travaux de voie, signalisation et gares sur 7,7 km entre Colomiers et Brax-Léguevin, sur la ligne d’Auch, destinés à étendre le service périurbain à l’ouest de Colomiers, et ouverture des pôles d’échanges multimodaux de Colomiers, Montaudran et Labège-La Cadène. Ces deux dernières stations sont situées à l’est de Toulouse, sur la ligne de Narbonne. Labège-La Cadène sera une nouvelle halte en correspondance avec la future troisième ligne du métro.

 La commune de Brax est exemplaire de l'évolution de la grande couronne toulousaine. Elle a vu  sa population bondir en un demi-siècle, passant de 459 habitants en 1968 à 902 habitants en 1975 et aujourd'hui à quelque 3.000 habitants. Brax est aussi desservie par la ligne de bus 32 Brax-Colomiers qui assure une desserte fine, complémentaire quoique partiellement concurrente avec la ligne de trains TER.

Gare de Toulouse Saint-Cyprien-Arènes : à la fois traversante pour les services TER amorcés à Matabiau vers L'Isle-Jourdain et Auch, et origine-destination pour les services TER omnibus limités à Colomiers. Elle donne correspondance avec la ligne A du (mini) métro urbain, de technologie VAL, exclusivement pneu.

 A plus long terme, à l’horizon 2031, se dessine la mise à quatre voies de la section située entre Toulouse Matabiau et Castelnau d’Estrétefons, soit 21 km, aménagement destiné à répondre aux besoins de la future branche nord-ouest du SERM comme à l’arrivée des TGV depuis Bordeaux par la branche est de la ligne nouvelle Sud-Ouest. Simultanément sera mis en service le pôle d’échange multimodal de La Vache, mettant en correspondance le trains du SERM et les métros de la troisième ligne urbaine.

Les demandes de Rallumons l’Etoile

Représentant des usagers et des élus, le collectif Rallumons l’Etoile demande « des améliorations possibles rapidement » qui ne figurent apparemment pas dans le calendrier de la région.

Ce collectif demande un élargissement de l’amplitude horaire des services TER afin « de pouvoir prendre le premier TGV pour Paris à 6 h 24 et rentrer chez soi après le TGV arrivant de Paris à 21 h 37, ce qui est impossible aujourd’hui ». De fait, sur l’antenne de Auch, le premier TER amorcé à l’Isle-Jourdain arrive à Matabiau à 7 h 06 (7 h 34 pour celui amorcé à Auch) et le dernier partant de Matabiau pour Auch part à 20 h 24. Et encore ne s’agit-il que des jours de semaine.

Les samedis, le premier TER provenant d’Auch touche Matabiau à 7 h 34, les dimanches et fêtes à 9 h 38 (possibilité ces jours-là de joindre Saint-Cyprien-Arènes à 8 h 59 mais course limitée au départ de Colomiers). A l’évidence, le souci de conquérir les potentiels nombreux clients non professionnels ou scolaires par des services en heures creuses reste un vœu pieu. Paris n’étant plus l’alpha et l’oméga des destinations des « provinciaux », les correspondances matutinales ou vespérales vers Marseille, Perpignan, Lyon restent là aussi souvent impossibles en correspondance avec les TER métropolitains.

Pour une ligne traversante

Rallumons l’Etoile demande par ailleurs « une première ligne traversante Montauban-Castelnaudary cadencée à l’heure de 5 h 00 à 22 h 00, sans préciser si ces heures sont celles de départ ou d’arrivée. De même, le collectif demande « une ligne omnibus Colomiers-Arènes cadencée à la demi-heure de 5 h 00 à 22 h 00 ». Or sur cet axe de banlieue, en semaine, le cadencement omnibus est déjà à la demi-heure (mn 25 et 55) en semaine mais seulement en heures de pointe. Il est à l’heure en heures de base et le dernier service omnibus quitte Colomiers vers Saint-Cyprien-Arènes à 20 h 45 (20 h 21 en sens inverse)… Pas vraiment attractif pour les usagers prenant le train dans l’une des quatre gares intermédiaires uniquement desservies par les omnibus Colomiers-Saint-Cyprien-Arènes.

Etude du collectif "Rallumons l'Etoile" sur la structure souhaitée du réseau ferroviaire métropolitain SERM.

 Enfin, le collectif place en toute première urgence la mise en place d’une tarification intégrée pour tous les usagers, abonnés ou occasionnels, à l’image de ce qui est en place à Grenoble pour l’usage des TER intra-métropolitains, accessibles avec un titre de transport urbain (caractéristique malheureusement non étendue aux gares des intercommunalités voisines intégrées depuis cette année au périmètre des transports urbains « Reso »).

Rallumons l'Etoile demande par ailleurs, dès 2026, une suppression des « blancs travaux », simultanément à un cadencement « parfait » à l’heure avec renfort à la demi-heure en pointes « pour toutes les lignes ».

Pour une correspondance optimale des trains SERM à Matabiau

Autres demandes : la création d’une voie de rebroussement pour terminus de services diamétraux nord-sud-est Montauban-Castelnau d’Estrétefonds-Baziège qui seraient ainsi cadencés à la demi-heure.

Enfin, l’organisation d’un « nœud de correspondances » entre TER métropolitains « autour de la minute 00’ » dans la gare centrale de Matabiau « pour offrir des correspondances immédiates et systématiques » entre les axes A, B et D, les lignes cadencées métropolitaines proposées par le deuxième « document exploratoire » de Rallumons l'Etoile, soit respectivement : Montauban-Castelnau d’Estrétefonds-Bazièges, Saint-Sulpice-sur-Tarn-Toulouse Matabiau et Carbonne-Muret/Auterive-Toulouse Matabiau.

Schéma de la troisième ligne du métro urbain de Toulouse. D'un gabarit généreux et à roulement purement fer, ce axe lourd illustre la valeur intermédiaire de ce type d'équipement entre service urbain et service métropolitain. 

Il convient aussi d’intégrer à ce raisonnement la future ligne C du métro urbain de Toulouse. Jean-Michel LATTES, Président de Tisséo Collectivités explique ainsi : « La ligne C de métro constituera la colonne vertébrale du réseau structurant que nous développons depuis une dizaine d’années - doublement de la capacité de la ligne A de métro, Linéos, Téléo, et la ligne Express (d’autocars) Muret-Basso Cambo (terminus de la ligne A du métro) -. Avec 5 interconnexions avec les lignes ferroviaires, la ligne C constituera une brique essentielle du SERM, en permettant l’accès aux principales zones d’emploi de la grande agglomération toulousaine ».

Le drame de la liquidation des lignes départementales

Carole Delga (PS), présidente du conseil régional de la région Occitanie, a souligné que, « avec près de 20.000 nouveaux habitants par an, Toulouse et son aire d’attraction comptant plus de 1,5 million d’habitants doivent se doter d’une nouvelle offre de transports pour permettre aux habitants de se déplacer sans leur voiture, et endiguer les kilomètres de bouchons, matin et soir, en particulier sur les grands axes de circulation ».

Quant à Jean-Luc Moudenc (LFA, parti de centre-droit fondé par le maire de Nice Christian Estrosi), président de Toulouse Métropole et maire de Toulouse, il prône « une vision d’ensemble portant sur l’offre de transports à l’échelle régionale dans le but de renforcer les villes petites et moyennes, au lieu de risquer la dispersion de l’étalement urbain périphérique », et donc de doter le SERM « du volet de transports non ferroviaires qui continue à lui manquer cruellement : cars express, bus, covoiturage, vélo, etc… ».

Caraman, gare jadis desservie par les chemins de fer du Sud-Ouest, à voie métrique. Le système ferroviaire départemental autour de Toulouse complétait remarquablement les lignes du réseau ferré national avant d'être liquidé avant et après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, la seule perspective de développement du transport public sur ces axes est routière avec des autocars noyés dans le flux général - sauf coûteuses voies réservées sur longue distance - et l'attente attente des voyageurs en bord de route.

 Reste que pour des déplacements à « l’échelle régionale », donc sur des distances relativement longues, la technique ferroviaire demeure de loin la plus pertinente car indépendante des flux routiers chaotiques, capacitaire et à rentabilité croissante. La liquidation du réseau métrique départemental des Chemins de fer du Sud-Ouest avec des lignes vers Caraman-Loubens/Revel-Sorèze à l’est, Fonsorbes-Sainte-Foy/Forgues au sud-ouest, Cadours et Lévignac au nord-ouest, Villemur au nord, illustrent le manque dramatique de vista et la soumission au lobby routier des élus et technocrates de l’entre-deux guerres et de l’immédiat après-Seconde Guerre mondiale. Suisses, Espagnols, Allemands n’ont généralement pas commis cette faute, en tous cas à cette échelle.

 

Publicité
Commentaires
B
Rail-Passion de décembre (en kiosque) concacre une étude de Toulouse - Auch . Va s' en dire que le futur SERM est évoqué !
Répondre
S
Pourquoi limiter les axes des SERM à des axes dont les terminus se situent "juste à l'extérieur des murs" de la ville-centre de la métropole ? À cause du satané mille-feuille administratif français, bien sûr! (commune/intercommunalité/métropole/département/région...) ! N'y a t'il pas moyen que les différentes autorités s'unissent pour le bien de tous ? Il paraît évident que les axes doivent dépasser les limites de la Métropole, les terminus doivent à mon avis se situer à Montauban, Tessonnières(plutôt que Gaillac tout proche, rien à créer, on utilise les installation existantes), Castelnaudary(Villefranche de Lauragais restant pertinent, il y a la place d'y créer un terminus), Pamiers(même remarque néanmoins que pour Castel et Villefranche pour Auterive), Boussens et L'Isle Jourdain. Mais voilà, SERM et TER dépendent de deux AOT différentes, et il n'est pas à prori prévu d'entente tarifaire entre elles...<br /> Enfin, on ne peut que regretter la disparition prématurée de la ligne à voie métrique Toulouse-Castres(moins de 10 ans d'existence sjmsb) : électrifiée dès sa naissance, elle aurait pu, modernisée aux normes actuelles, constituer une sorte de "Lausanne-Échallens-Bercher" toulousain, et aurait ajouté une septième branche à l' étoile. Mais on vous dira que l'A 69, c'est "vachement plus moderne" que ce tacot...
Répondre
B
Dans le projet de SERM de Besançon, il a été question de circulations "passe Besançon" Saint-Vit - Deluz et BF-C TGV - Mamirolle . Si Saint-Vit semble avoir (moyennant de légers travaux) les installations de retournements, Il est évident qu' il faut aller au delà de Deluz (Baume les Dames plus logique (légers travaux aussi à prévoir)) et de Mamirolle (Valdahon est déjà équipé).<br /> <br /> Le problème de BF-C TGV, c' est que les circulations "navettes TER" dépendent de la desserte TGV . Une "branche Devecey" de 800 mètres est indispensable pour des circulations "navettes-TER" indépendantes des TGV (donc en sus des 9 A-R/jour actuels entre BF-C TGV et Viotte (et donc prévoir au-delà (Valdahon et (peut-être aussi) Mouchard))) . Le problème ? Il semble que le GBM n' ai pas prévu cette branche Devecey dans son SERM, uniquement un pôle de correspondance "bus" (pas illogique mais insuffisant) et..............une piste cyclable sur la plate-forme des 800 mètres à réaménager en fer (pour lancer les vélos sur la 2×2 voies RN 57 ?).<br /> <br /> Par contre, le SERM Bisontin reconnaît la nécessité de créer une halte au niveau du CHU et quartier Hauts de Chazal (directions Dole et Lons le Saunier) . Bien..............surtout que cette halte devrait être faite depuis longtemps ! <br /> <br /> Enfin, il est inévitable, pour moi, que les SERM Bisontin et Dijonnais "se rencontrent", vu la proximité de l' influence de leurs métropoles (avec Le Grand Dole au milieu) . Il faudra rétablir la desserte des circulations omnibus Besançon-Dijon à la halte de Franois (en sus du CHU Hauts de Chazal), et réouvrir Neuilly les Dijon . Enfin, si "une rencontre" entre les SERM Bisontin et Belfortin (Aire Urbaine Montbéliard-Belfort) est peut-être moins évidente que pour Dijon, le SERM Belfortin devrait par contre "rencontrer" celui de Mulhouse avec, pourquoi pas, des circulations Mulhouse - Belfort - Vesoul/Luxeuil ; sans oublier une autre liaison traversante Delle - Belfort - Montbéliard (évoquée par la FNAUT Nord F-C).
D
Une des grandes questions concernant ce SERM est la diamétralisation des liaisons voire simplement le fait qu'elles atteignent la gare Matabiau. La tentation est grande de limiter certaines branche à l'entrée de Toulouse à l'intersection avec les lignes de métro. Si une part significative de voyageurs peut être intéressée par ce genre de connexion, il n'en reste pas moins qu'une part tout aussi importante sinon plus souhaiterait atteindre directement le centre ville, par exemple pour attraper un TGV,un intercité ou simplement un TER à Matabiau.
Répondre
B
Complément : à la station/halte Arènes Saint-Cyprien, il y a aussi le tramway pour rejoindre le centre-ville, sans toutefois joindre la gare Matabiau.
Répondre
S
Honnêtement j’ai du mal à voir dans cette démarche autre chose que de la gesticulation de la part de l’Etat<br /> <br /> Ou est le financement?<br /> Le seul cadre de financement qui existe est celui des cper avec des montants dérisoires déjà incapables de sauver le réseau existant…
Répondre
M
Cher lecteur,<br /> <br /> En effet, le passage du concept de RER à celui de SERM revient à tenter de noyer le poisson sous une pluie de gadgets...<br /> <br /> Cordialement,<br /> <br /> La rédaction
B
L' idée était bonne, au départ . Mais, dès que la macronie a commencé a rajouter les bus, et surtout, le covoiturage avec aussi les vélos et la marche au pied (mort de rire), ce qui était présenté en un intéressant RER provincial, et devenu n' importe quoi . Et si les financements ne sont pas prévus.............
Raildusud : l'observateur ferroviaire du grand Sud-Est
  • Le chemin de fer est indispensable à toutes nos villes et ne doit pas être l'apanage de la seule région-capitale. Les lignes transversales, régionales et interrégionales doivent contribuer à une France multipolaire, équitable au plan social et territorial.
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Archives
Publicité
Newsletter
Publicité
Publicité