Quatre nouvelles rames Alstom et des travaux d’infrastructure pour l’extension du tramway d’Aubagne sur l’ex-ligne SNCF
Le mode tramway connaît une nouvelle croissance, jusque dans des agglomérations périphériques comme Aubagne, à 17 km de Marseille. Cette cité périphérique de 47.500 habitants dispose depuis 2014 d’une des lignes les plus courtes de France puisqu’elle n’est longue que de 2,8 km. C’est même la ligne la plus courte de France depuis que la ligne D du tramway de Grenoble (2,6 km) a été prolongée jusqu’à la gare centrale. Mais elle ne le restera pas longtemps : la ligne d’Aubagne sera prolongée fin 2025 de 14,4 km sous le nom de Val’Tram, grâce à l’emprunt du tracé de l’ancienne voie ferrée du réseau ferré national d’Aubagne à La Barque (30,3 km), fermée aux voyageurs en 1939 et à tout trafic sur une dernière section en 1987.
Dans la tendance d'étendre les tramways en périphérie et d'utiliser les lignes ferroviaires abandonnées
Cette extension périurbaine dans l’aire marseillaise survient alors que Lyon développe son réseau en construisant ou prolongeant plusieurs lignes nouvelles, que Nice construit sa ligne 4 vers sa périphérie ouest jusqu’à Cagnes. Montpellier achève la construction de sa ligne 5 et l’extension de la ligne 1 jusqu’à la gare de Sud-de-France, mais en ayant raboté sensiblement les projets initiaux, déjà anciens, principalement pour cause de manque de ressources en raison de l’imposition de la gratuité.
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Carte de la future ligne Val'Tram d'Aubagne à La Bouilladisse. Son parcours empruntera la plateforme de l'ancienne ligne SNCF Réseau sur 12,2 km pour une longueur totale de 14,4 km. (Doc métropole AMP)
Aubagne donne l’exemple non seulement de la pertinence du développement du tramway en zone périurbaine, alliant capacité, site propre, rapidité et traction électrique, mais aussi de l’opportunité de la réactivation d’une ancienne ligne de chemin de fer. Cette réappropriation d’un itinéraire a déjà été largement pratiquée à Lyon avec les lignes T3 et RhônExpress qui ont repris une longue section du Chemin de fer de l’Est de Lyon ; encore à Lyon avec l’introduction de « trains-trams » sur une partie du faisceau de l’Ouest lyonnais au départ de la gare Saint-Paul ; à Montpellier avec la ligne 2 qui a repris une section de l’ancienne ligne Montpellier-Paulhan de la Compagnie du Midi entre Sabines et La Condamine.
Des lignes de tramway en accotement d’une ligne SNCF Réseau ont aussi été installées à Bordeaux avec la branche ouest de la ligne C en accotement de la ligne de SNCF Réseau Bordeaux-Pointe-de-Grave ou à Nantes avec la ligne 1 en accotement de la ligne de Châteaubriand, elle-même exploitée par « train-tram ».
Alstom choisi pour Aubagne
Pour la future ligne d’Aubagne, la métropole à statut particulier Aix-Marseille-Provence, collectivité qui est directement autorité organisatrice des transports sans passer par l’intermédiation d’un syndicat mixte comme à Lyon (Sytral), Toulouse (SMTC), Grenoble (SMMAG) ou en Ile-de-France (IdFM), vient de passer le stade du choix du matériel roulant.
C’est Alstom qui lui fournira quatre nouvelles rames qui compèteront les huit rames existantes, elles aussi produites par le constructeur français. Ce choix privilégie la standardisation du parc, même si les rames seront de longueurs différentes. Les rames de la première ligne sont du type Citadis Compact longues de 22 m et d’un gabarit en largeur de 2,40 m. Les quatre futures rames seront plus capacitaires, acceptant 198 voyageurs contre 136 voyageurs pour les rames originelles. Elles seront recyclables à 95 % et valorisables à 99 %, indique le communiqué de la Métropole.
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Vue projetée d'une rame Alstom sur le parcours urbain de la future ligne Val'Tram d'Aubagne. La totalité de la ligne sera à voie unique, avec croisements dans quelques stations. (Doc. Métropole AMP)
Auparavant, dès novembre 2023, les travaux d’infrastructure avaient commencé dans le centre d’Aubagne avec déviations de réseaux sur les 1,2 km de plateforme nouvelle en zone urbaine. Dès ce mois d’octobre 2024 sera installé le tablier métallique du pont franchissant l’Huveaune à la hauteur du quartier des Défensions. L’emprunt de la plateforme de l’ancienne ligne SNCF Réseau se développera sur 13,2 km. Elle comprend deux tunnels, qui seront confortés, du Pont de l'Etoile (105 m) et Saint-Vincent (222 m). L'ensemble des travaux plateforme et voies est réalisé par un groupement NGE, TSO étant mandataire.
12,8 millions d’euros par kilomètres, matériel roulant compris
Sur ses 14,4 km au total, la nouvelle ligne desservira cinq municipalités : Aubagne (47.500 habitants), Roquevaire (8.700 habitants), Auriol (12.900 habitants), La Destrousse (4.000 habitants), La Bouilladisse (6.500 habitantsà. La population desservie par les onze stations de cette extension (y compris la station existante de Gare d’Aubagne origine de la courte ligne en service) est évaluée à 60.000 habitants. Le temps de parcours entre Aubagne et la Bouilladisse sera de 25 mn. Le trafic quotidien de cette nouvelle section est évalué à 15.000 voyageurs.
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Rame Citadis Compact sur la ligne du tramway d'Aubagne mise en service en 2014. Cette première section est équipée de la double voie. Ces rames courtes, dotées de doubles-portes aux extrémités, sont de même conception que celles du tramway d'Avignon. (Doc. Métropole AMP)
Le projet de Val’Tram est évalué à 180 millions d’euros, soit 12,8 M€/km nouveau matériel roulant (complémentaire) inclus. Ce devis est relativement faible, si on le compare au coût kilométrique de la future ligne 5 du tramway de Montpellier, évalué à ce jour à 27,5 M€/km (440 M€ pour environ 16 km de voies nouvelles). Cela tient principalement à l’emprunt d’une plate-forme existante sur l’essentiel du parcours et au choix d’une voie unique, nonobstant les installations de croisement, et à la préexistence de rames susceptibles de compléter le parc du Val’Tram.
Martine Vassal, présidente du conseil métropolitain, a souligné que « le Val’Tram proposera une véritable alternative à la voiture en permettant de désengorger sensiblement les grands axes routiers ». L’axe routier parallèle affiche un trafic de plus de 18.000 véhicules par jour ouvrable. Cinq parkings relais sont prévus, offrant 500 places.
D’importantes extensions du réseau de tramway à Marseille
La future ligne Val’Tram est l’un des quinze projets prioritaires du plan Marseille en Grand élaboré avec l’Etat, destiné à développer le réseau de transports publics en site propre de la métropole Aix-Marseille-Provence.
Ce plan prévoit en particulier, sur le territoire de la municipalité de Marseille, le prolongement de la ligne de tramway T3, au nord de Arenc à Gèze, avec trois nouvelles stations, au sud de Castellane à La Gaye avec neuf nouvelles stations, pour mise en service en 2026. Ces extensions seront complétées, à plus long terme, au nord jusqu’à La Castellane (par le littoral à la demande de la ville de Marseille), au sud jusqu’à La Rouvière.
Rame de la ligne 2 du métro de Marseille, mixte pneus-fer, à l'approche de la station terminus Gèze. Dans environ deux ans, cette station sera aussi desservie par le prolongement de la ligne T3 du tramway. ©RDS
Toujours pour mise en service en 2026, sont prévues quatre nouvelles stations pour la ligne T2 jusqu’à la station 4-Septembre avec emprunt des voies de la T3 rue de Rome. D’autres créations sont à l’étude, en particulier d’une ligne depuis le boulevard National jusqu’au Merlan, dans les quartiers Nord. Enfin, cinq lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) sont annoncées ainsi que plusieurs parkings d'échange.