Quatre mois avant les élections municipales, déterminantes pour la fin du quinquennat Macron,  le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a assuré la présidente du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga (PS), que l’enquête publique pour la section nord de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) se déroulerait courant 2020 et qu'un financement serait débloqué pour Alès-Bessèges et Montréjeau-Luchon.

 « Il (M. Djebbari), m’a assuré que l’enquête publique sur le tronçon Montpellier-Béziers serait réalisé dans le courant de l’année 2020 », a déclaré Mme Delga dans un entretien publié par Midi Libre, quotidien montpelliérain qui a lancé une campagne de soutien au projet. « Après deux années de perdues, c’est une très bonne nouvelle pour la ligne à grande vitesse », a ajouté la présidente du conseil régional.

Lignes Montréjeau-Luchon et Alès-Bessèges, train de primeur...

 « Il faut vraiment que l’Etat investisse massivement pour le ferroviaire en Occitanie car nous, de notre côté, nous investissons massivement pour le ferroviaire », a complété Mme Delga, évoquant aussi deux lignes de desserte fine du territoire, actuellement fermées : « Le secrétaire d’Etat m’a confirmé les travaux pour les deux lignes prioritaires Montréjeau-Luchon et Alès-Bessèges ».

DSCN2271Tunnel du Pélerin, à la sortie nord de la gare d'Alès, jadis à double voie. La voie vers Bessèges (et anciennement vers Le Teil) se débranche à son autre extrémité. © RDS

 Pour autant, quand on constate les tentatives de réduction drastique par le ministère des Finances de la dotation budgétaire de remise à niveau du réseau classique (notre article du 1er décembre 2019), on est en droit de s'interroger sur la crédibilité des promesses du secrétaire d'Etat.

 Concernant l’affaire du train de primeurs, Carole Delga s’est dite insatisfaite par la solution avancée, celle d’un train de conteneurs déchargé sur le chantier rail-route de Valenton, « situé à 20km de Rungis » (notre article du 18 novembre 2019). Il ne serait utilisé que pour l’approvisionnement direct de centrales de grandes surfaces, sans que les marchandises transitent par le Marché international de Runigs. La présidente du conseil régional a affirmé « avoir l’accord du PDG du marché international », « qui a été un de (ses) collaborateurs de lorsqu’(elle) était secrétaire d’Etat » pour engager la construction d’un espace de déchargement des conteneurs réfrigérés dans les emprises mêmes du marché de Rungis. « Par ailleurs, il a été  convenu de rendre le fret plus concurrentiel par la route par le biais d’aides importantes », a-t-elle rapporté sans autre précision.

 Concernant la LNMP, Carole Delga ne précise pas dans l’entretien son avis sur le projet de gare nouvelle exurbanisée dans la périphérie de Béziers sur la ligne à grande vitesse. L’hypothèse de cette gare du type de celle de Montpellier-Sud-de-France, très controversée, a hérissé les associations d’usagers membres de la Fnaut, en particulier TGV-Sud Territoire Environnement. Si elle était réalisée, elle déconnecterait les flux TGV des correspondances TER de l’axe languedocien Tarascon-Narbonne mais aussi de la ligne des Causses Béziers-Bédarieux-Millau-Saint-Chély d’Apcher-Neussargues (Clermont-Ferrand).